21 mai 2009

Vol. 08 - 1999 No. 04 (02 février 1999)


Turkménistan

LA LIBERTÉ D'EXPRESSION TOUJOURS AU RALENTI

Selon la Fondation pour la défense de la glasnost (GDF), la liberté d'expression se porte mal au Turkménistan, où aucun journal indépendant n'existe. Dans une lettre adressée le 25 janvier au Président S. Niyazov, la GDF déclare que "depuis octobre 1996, les abonnements aux revues et aux journaux étrangers, russes y compris, sont absolument interdits aux particuliers et aux organisations non gouvernementales". En plus de l'arrestation d'un certain nombre de journalistes, dit la GDF, "les faits sont la preuve du refus des autorités turkmènes d'adhérer aux principes de la liberté de la presse et de la liberté d'expression".

Kazakhstan

LES MÉDIAS INDÉPENDANTS ÉTAIENT ABSENTS DES RÉCENTES ÉLECTIONS

Les médias indépendants étaient singulièrement absents pendant la campagne qui a mené à l'élection présidentielle du 10 janvier au Kazakhstan, déclare la Fondation pour la défense de la glasnost (GDF) dans un rapport rendu public le 25 janvier, préparé avec l'aide d'une organisation non gouvernementale locale, le "Bureau international du Kazakhstan pour le respect des droits de la personne et du droit international". Le Président Nursultan Nazarbaïev vient d'être réélu. D'après le rapport, il n'y avait pas dans le pays de médias d'opposition véritables en 1998, parce que "les entreprises de presse électronique non gouvernementales, plutôt favorables à l'opposition, qui avaient été créées pendant les premières années de l'indépendance, ont été éliminées par suite de l'attribution des fréquences radio". De la même manière, un grand nombre de journaux indépendants sont passés aux mains de propriétaires favorables au gouvernement et forcés de changer d'allégeance.

Zimbabwe

DE PROTESTATION APRÈS QUE DES JOURNALISTES ONT ÉTÉ TORTURÉS

Le 26 janvier, la police de la capitale du Zimbabwe, Harare, a empêché plusieurs centaines de personnes de remettre une pétition au Président du Parlement pour protester contre la détention et la torture récentes de deux journalistes. Selon l'Institut des médias d'Afrique australe (MISA), l'incident a entraîné des protestations internationales. Des avocats du groupe "Lawyers for Human Rights" s'étaient rendus devant le Parlement pour protester contre la détention et la torture infligées au directeur de publication Mark Chavunduka et au reporter Ray Choto du journal "The Standard". Les manifestants, des avocats pour la plupart, voulaient remettre au Président une pétition dénonçant de nombreux cas de violation présumée des droits de la personne. Environ 60 policiers, toutefois, armés de fusils d'assaut AK-47, de chiens et de gaz lacrymogènes, ont bloqué la manifestation devant le Parlement.

Sierra Leone

ENCORE DES JOURNALISTES ASSASSINÉS OU PRÉSUMÉS MORTS

Au moins un autre journaliste a été assassiné et quatre autres sont portés disparus et présumés morts dans la tourmente qui engouffre la Sierra Leone. C'est du moins ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). En plus de ceux dont on a déjà rapporté l'assassinat (voir le "Communiqué" 8-03 de l'IFEX), le CPJ et RSF signalent que Paul Mansaray, directeur adjoint de la rédaction au quotidien "Standard Times", a été abattu le 9 janvier par les rebelles du Front uni révolutionnaire (RUF). Mansaray a été assassiné à son domicile de Freetown, en même temps que sa femme, deux jeunes enfants et un neveu, lorsque des rebelles ont mis le feu à sa maison et mitraillé les victimes. D'après le CPJ, "un confrère journaliste, qui a alerté Mansaray à l'approche des rebelles du RUF, s'est réfugié chez un voisin et les a entendus menacer Mansaray à cause de son travail de journaliste".">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?category=0X&volume=8&issue_no=3%26amp;lng=francais#314">"Communiqué" 8-03 de l'IFEX), le CPJ et RSF signalent que Paul Mansaray, directeur adjoint de la rédaction au quotidien "Standard Times", a été abattu le 9 janvier par les rebelles du Front uni révolutionnaire (RUF). Mansaray a été assassiné à son domicile de Freetown, en même temps que sa femme, deux jeunes enfants et un neveu, lorsque des rebelles ont mis le feu à sa maison et mitraillé les victimes. D'après le CPJ, "un confrère journaliste, qui a alerté Mansaray à l'approche des rebelles du RUF, s'est réfugié chez un voisin et les a entendus menacer Mansaray à cause de son travail de journaliste".

International

SOULIGNE LA FIN DE LA CENSURE QUI ENTACHAIT L'EMPIRE PORTUGAIS

La rétrocession, le 19 décembre prochain, de l'enclave de Macao à la Chine marquera la fin de l'empire portugais, entaché par la censure pendant la majeure partie des cinq cents ans qu'il a duré, déclare "Index On Censorship" dans son dernier numéro "Portugal: The Last Empire" (1/1999). Dans un article intitulé "The shallow grave of empire" [le sombre portrait de l'empire], Antonio de Figueiredo soutient que "le Portugal conservait en 1974 non seulement les vestiges du plus vieil empire d'outre-mer de l'histoire, mais aussi la pire fiche des pays occidentaux en matière de censure". L'auteur fait remarquer que la censure avait pour effet de perpétuer l'empire en "isolant du monde extérieur les Portugais unilingues, tout en coupant les colonies d'Asie et d'Afrique de l'œil inquisiteur des observateurs internationaux". Derrière les politiques sur la censure se dissimulait la politique d'exploitation des Africains comme esclaves dans leurs propres pays, ou dans d'autres, par exemple en envoyant des gens du Mozambique travailler dans les mines d'Afrique du Sud et en expédiant 3 millions et demi d'Africains dans les plantations brésiliennes. "Les relations entre l'empire et la censure et, en retour, entre la censure et l'esclavage, font partie de l'histoire secrète qu'il faut dévoiler si les Portugais eux-mêmes et les Africains veulent se dégager du bourbier dans lequel ils sont tous enlisés."