21 mai 2009

Vol. 08 - 1999 No. 08 (02 mars 1999)


Bosnie-Herzégovine

LE CODE SUR LA PRESSE POURRAIT CONSTITUER UNE LIMITE À LA LIBERTÉ

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) critique vivement le projet de code de la presse, que propose la Commission indépendante des médias (IMC) de Bosnie-Herzégovine, et elle affirme qu'il pourrait servir à circonscrire le travail des journalistes. Selon la FIJ, le projet de code est "trop prohibitif et ne peut servir aux journalistes de base convenable pour régler les questions d'éthique". Pour son secrétaire général, Aidan White, "le projet de code est rempli de dispositions vagues et ambiguës, que l'on pourrait facilement utiliser pour restreindre le libre exercice du journalisme. [...] le code dit aux journalistes ‘de ne pas offenser de vastes secteurs du public'. C'est exactement ce que fait le meilleur journalisme que nous connaissons et c'est ce qui suscite le débat public capable de favoriser des changements positifs. Il faut se demander pourquoi la communauté internationale veut empêcher les journalistes bosniaques d'en faire autant." En outre, de poursuivre White, la définition de "l'intérêt public [...] se restreint aux actions qui dévoilent des crimes, protègent la santé publique et évitent au public d'être leurré [...] Est exclu un large éventail d'informations que le public a le droit de connaître", notamment la corruption des hauts fonctionnaires.

Pakistan

LES PARTISANS DES TALIBANS MENACENT DES JOURNALISTES

Reporters sans frontières (RSF) et le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) rapportent que les journalistes en poste dans le nord du Pakistan ont reçu des menaces de partisans des Talibans, au pouvoir en Afghanistan. Encore récemment, RSF signale que des inconnus ont proféré à plusieurs reprises des menaces de mort contre Waliullah Salime, directeur de l'agence de nouvelles Sahaar News Agency, à Peshawar. Le 10 janvier dernier, M. Salime avait accordé une entrevue à Radio Téhéran, dans laquelle il analysait les motifs probables des meurtres de plusieurs Afghans vivant en exil dans le nord du Pakistan. Deux jours plus tard il recevait un appel de menaces d'un inconnu qui lui a dit "de se la fermer ou [qu'on] le ferait taire". M. Salime a aussi donné une entrevue à Voice of America au sujet du trafic illicite de billes de bois auquel se livrent les partisans des Talibans dans la province afghane de la Kunar (à la frontière de la province Frontière du Nord-Ouest). Peu après, certains de ses amis lui ont dit de ne pas se rendre dans cette province parce qu'il y serait en danger. Selon RSF, "Salime n'attribue les menaces à personne ni aucun groupe, mais il laisse entendre que les Talibans ou certains groupes arabes radicaux, réagissant à un autre de ses reportages, pourraient être mêlés à ces manœuvres de harcèlement".

Azerbaïdjan

EN 1998, DES JOURNALISTES ONT ÉTÉ ROUÉS DE COUPS, MAIS LA CENSURE A ÉTÉ "ABOLIE"

Bien que la censure officielle ait été abolie en Azerbaïdjan en 1998, les médias sont toujours soumis aux menaces et à la violence, rapporte le Syndicat des journalistes d'Azerbaïdjan (TUJA) dans son "Rapport de 1998 sur la situation des médias en Azerbaïdjan". Ce rapport salue l'abolition de la taxe sur la valeur ajoutée sur les médias, mais dit que les salaires et les conditions de travail des journalistes se détériorent. Même si le rapport indique que "les relations entre la police et les journalistes ont été meilleures que les années précédentes", l'année 1998 a quand même été marquée par de violentes confrontations entre policiers et manifestants, au cours desquelles des journalistes ont été blessés. De plus, bien que la censure ait été abolie officiellement en août dernier, certains journaux la subissent toujours, tandis que l'accès à l'information est limité. Les autorités ont également empêché certains journaux de paraître, et la police a confisqué des revues comme le mensuel "Monitor". Un certain nombre de journalistes ont été arrêtés ou cités devant les tribunaux. Des journalistes et des médias, dont "Azaliq" et "Yeni Musavat", qui ont été reconnus coupables d'avoir "attenté à l'honneur" de hauts dignitaires comme le Président, ont été condamnés à de lourdes amendes.

Angola

LES JOURNALISTES ET LES STATIONS DE RADIO SONT CENSURÉS ET MENACÉS

Reporters sans frontières (RSF) rapporte que les stations de radio et les journalistes indépendants d'Angola ont reçu des menaces et subi des cas répétés de censure pendant les combats qui ont opposé récemment les forces angolaises à celles de l'Union pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA). Ces incidents se produisent au moment où les Nations Unies décidaient de ne pas renouveler le mandat de la Mission d'observation des Nations Unies en Angola (MONUA), à cause des "sombres perspectives de paix présentées dans l'analyse du Secrétaire général des Nations Unies", déclare le "Angola Peace Monitor" (vol. V, no 6), que publie le groupe "Action for Southern Africa" (ACTSA), dont le siège est au Royaume-Uni.

Zambie

DES MINISTRES RÉCLAMENT DES LOIS PLUS SÉVÈRES SUR LA DIFFAMATION

L'Institut des médias d'Afrique australe (MISA) rapporte que deux ministres zambiens ont appelé à des lois plus sévères en matière de diffamation et ont invité les journalistes à pratiquer l'autocensure pour éviter des poursuites. Le 16 février, le ministre zambien de l'Éducation, Godfrey Miyanda, a déclaré au Parlement qu'il était devenu nécessaire de modifier la loi relative à la diffamation parce que certains éléments de la presse en abusaient. Déclarant que la liberté de la presse ne permettait pas aux journaux "de dénigrer les gens impunément", Miyanda a demandé au ministre des Affaires judiciaires Vincent Malambo de présenter un projet de loi qui alourdirait les peines infligées à ceux qui contreviennent aux lois sur la diffamation.

International

ADHÈRENT À L'IFEX

L'IFEX a le plaisir d'accueillir trois nouveaux membres qui viennent de coins du monde fort éloignés. Par un vote tenu la semaine dernière, le Conseil de l'IFEX a approuvé en effet l'adhésion de l'Alliance des journalistes indépendants (AJI), d'Indonésie [en indonésien : "Aliansi Jurnalis Independen" (AJI)]; l'Association des médias électroniques indépendants (ANEM), de la République fédérale de Yougoslavie; et le Syndicat des journalistes du Paraguay (SPP) [Sindicato de Periodistas del Paraguay (SPP)].