21 mai 2009

Vol. 08 - 1999 No. 19 (25 mai 1999)


International

DE LA LIBERTÉ DES MÉDIAS PUBLIE SON ANNUAIRE

Le Représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur la question de la liberté des médias, Freimut Duve, affirme dans l'"Annuaire 1998-1999" de son Bureau qu'il faut ouvrir tous les aspects de la société à la discussion publique. Le document, intitulé "Liberté et responsabilité", marque le premier anniversaire de la création du poste de Représentant. Le débat public dans les médias joue "le rôle d'élément correctif" et aide le gouvernement à prendre ses décisions, tant sur les plans économique et technologique que social et culturel. "Un État et une économie modernes ne peuvent survivre sans l'élément correctif qu'est le débat public", de dire Duve, qui cite l'exemple de "l'absence de débat autour de la sécurité de l'industrie nucléaire soviétique".

International

SERA OFFERT SUR INTERNET

Dans le numéro du 10 mai de "PINA Nius Online", Nina Ratulele annonce que les journalistes de l'Asie et du Pacifique pourront faire des études de maîtrise en journalisme sur Internet. Le Conseil des Instituts de presse d'Asie-Pacifique (CAPPI) et le "Projet sur les médias d'Asie" que mène la Fondation Konrad-Adenauer (KAF) d'Allemagne préparent un programme d'études à temps partiel en journalisme donné dans le cadre d'une "École de journalisme virtuelle". Le programme d'études sera offert par une université des Philippines en collaboration avec une école de journalisme d'Allemagne ayant de l'expérience dans le domaine de l'éducation sur Internet. Ce programme est l'un des projets de développement qui ont fait surface à la conférence organisée récemment à Manille par l'Institut de la presse des Philippines (PPI). "La formation que donnera le CAPPI, dit la PINA, mettra l'accent sur l'utilisation d'Internet, l'expansion de l'‘École de journalisme virtuelle' au moyen des bases de données, des sites web et des ressources technologiques de ses membres." Selon le directeur du Projet sur les médias d'Asie de la KAF, Thomas Bernd Stehling, "celle école virtuelle de journalisme pourrait aussi être accessible à des participants de divers pays qui, pour des motifs religieux ou autres, interdisent l'existence d'un institut de la presse ou de toute institution du même genre".

Bulgarie

UNE COALITION DEMANDE LA RÉVISION DES LOIS SUR LES MÉDIAS

L'Institut international de la presse (IIP) rapporte qu'en Bulgarie une coalition de syndicats de journalistes et de groupes de défense de la liberté d'expression demande la révision des lois qui réglementent les médias du pays. Lors de la conférence "Presse libre de Bulgarie; presse équitable" tenue à Sofia les 29 et 30 avril, les délégués ont adopté une résolution demandant la révision des lois sur la diffamation et proposant des recommandations en faveur du projet de loi sur la liberté de l'information. Le Comité sur la culture et les médias, qui ressortit à l'Assemblée nationale, a déjà proposé des modifications aux articles 146, 147 et 148 du Code pénal, abolissant la peine de prison dans les cas de diffamation. Celle-ci continue cependant de relever des lois pénales au lieu du Code civil. Quant à l'accès à l'information, la Coalition des médias de Bulgarie recommande "d'accorder, dans toutes les lois et décisions concernant le droit d'obtenir des renseignements, la première considération à l'intérêt public à connaître l'information."

Fidji

LE NOUVEAU DIRIGEANT PROMET DE NE PAS APPLIQUER LES LOIS SUR LES MÉDIAS

Selon la Pacific Islands News Association [Association des médias des Îles du Pacifique] (PINA), le nouveau premier ministre des Îles Fidji, Mahendra Chaudhry, a promis le 21 mai de n'adopter aucune loi contre les médias ni de leur imposer de permis. Le "Fiji Times" rapporte cependant que Chaudhry avait accusé les médias de parti pris pendant la campagne électorale et avait prétendu qu'ils devaient apprendre à vivre. Le premier ministre avait déclaré en effet : "je pense que les médias devraient être équitables. Nous n'adopterons aucune loi, ni n'imposerons aucun permis, mais j'espère qu'il y aura de la formation dans les entreprises de presse." Chaudhry a ajouté qu'en période d'élection, les médias ont des responsabilités envers la population, et pas seulement envers leurs actionnaires, et que le nouveau gouvernement examinerait le meilleur moyen de céder les 44 pour 100 d'actions que détient le gouvernement dans le deuxième quotidien du pays, le "Daily Post". Comme le fait remarquer la PINA, "le gouvernement précédent, dominé par les Fidjiens autochtones, a provoqué une controverse lorsqu'il a acheté ces actions et est ainsi devenu le principal actionnaire du ‘Daily Post' trois mois avant l'élection générale". Chaudhry a déclaré qu'il n'appartenait pas au gouvernement de diriger un journal.

Vietnam

UN ÉCRIVAIN EST REMIS EN LIBERTÉ

L'Association mondiale des journaux (AMJ) rapporte que l'Assemblée nationale du Vietnam a adopté récemment une nouvelle loi renforçant la mainmise du gouvernement sur les médias, et confère au ministère de la Culture et de l'Information la compétence exclusive pour tous les médias, y compris le réseau Internet. Selon l'AMJ, une disposition prévoit des réparations à verser à "toute personne attaquée par un reportage, même exact". L'AMJ note que le gouvernement contrôle toutes les publications et la radiodiffusion. Selon le directeur général de l'AMJ, Timothy Balding, "en renforçant une mainmise déjà aussi complète des médias, le gouvernement vietnamien s'éloigne des pays qui choisissent de reconnaître dans l'existence de médias libres un excellent investissement en faveur de la stabilité politique, sociale et économique."

Yémen

LA RÉPRESSION DU GOUVERNEMENT S'ABAT SUR LA PRESSE INDÉPENDANTE

Le gouvernement du Yémen accable de mesures répressives les journalistes de la presse indépendante et de l'opposition, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le CPJ a fait parvenir le 17 mai une lettre au Président Ali Abdullah Saleh pour dénoncer les poursuites intentées contre six journaux qui ont publié des articles critiques vis-à-vis des autorités. Depuis février, dit le CPJ, "les autorités ont pris une série de mesures répressives contre les journalistes, dont l'arrestation de rédacteurs en chef et de reporters, la suspension et la censure de publications et le harcèlement extrajudiciaire de journalistes par les agents des forces de sécurité et des individus que l'on présume être des agents de l'État." Selon la directrice générale du CPJ, Ann Cooper, "cette vague récente d'attaques contre la presse a créé au Yémen un climat d'intimidation extrêmement malsain pour tous les journalistes. Nous faisons appel au Président Ali Abdullah Saleh pour qu'il prenne l'initiative de mettre fin à cette grave détérioration de la liberté de la presse." Au moins trois journalistes ont été arrêtés cette année, un important journal londonien a été interdit et le directeur d'une publication a été sauvagement agressé par des inconnus.

International

LES REPORTAGES SUR LES INFORMATIONS SCIENTIFIQUES

La collusion entre le gouvernement et certaines grandes entreprises privées conduit fréquemment à la censure de reportages scientifiques d'intérêt public, rapporte "INDEX on Censorship" dans l'article-vedette du numéro de ce mois-ci (no 3, 1999). L'auteur de l'article de l'"INDEX", Gregory Palast, décrit comment ont été censurées certaines informations susceptibles de nuire à une société de biogénétique, la "Monsanto Company", par exemple le lien établi entre un de ses produits et le cancer . Un test a démontré qu'une hormone de croissance qui accroît de 15 % la production de lait chez les vaches, la somatotropine bovine (BST), "provoquait chez les humains le cancer du sein et de la prostate", peut-on lire dans l'"INDEX". Pourtant, la FDA (Food and Drug Administration) des États-Unis, qui a approuvé la BST en 1993, "a refusé de dévoiler cette étude sous prétexte que les données qu'elles contient nuiraient aux intér%26#234;ts commerciaux de la Monsanto", de dire Palast.">http://www.indexoncensorship.org">"INDEX on Censorship" dans l'article-vedette du numéro de ce mois-ci (no 3, 1999). L'auteur de l'article de l'"INDEX", Gregory Palast, décrit comment ont été censurées certaines informations susceptibles de nuire à une société de biogénétique, la "Monsanto Company", par exemple le lien établi entre un de ses produits et le cancer . Un test a démontré qu'une hormone de croissance qui accroît de 15 % la production de lait chez les vaches, la somatotropine bovine (BST), "provoquait chez les humains le cancer du sein et de la prostate", peut-on lire dans l'"INDEX". Pourtant, la FDA (Food and Drug Administration) des États-Unis, qui a approuvé la BST en 1993, "a refusé de dévoiler cette étude sous prétexte que les données qu'elles contient nuiraient aux intérêts commerciaux de la Monsanto", de dire Palast.