1 juin 1999

DE CRÉER UN ORGANISME DE SURVEILLANCE DES MÉDIAS


Selon l’Association des reporters de Thaïlande (RAT), l’Institut d’études sur la liberté de circulation de l’information (ISAI), d’Indonésie, qui appartiennent tous deux à la nouvelle “Southeast Asian Press Alliance” [Alliance de la presse de l’Asie du Sud-Est], la SEAPA a annoncé le 22 mai son intention de commencer à surveiller les conditions de travail des journalistes dans la région, à partir d’un bureau situé à Bangkok. La SEAPA envisage d’étendre aux dix pays de l’Asie du Sud-Est un réseau de contacts qui surveillerait les agressions contre les journalistes et qui combattrait les violations de la liberté des médias. “Il est temps que les journalistes d’Asie travaillent ensemble à bâtir la liberté de la presse”, a déclaré le président du nouveau groupe, Kavi Chongkittavorn, directeur général du quotidien en langue anglaise de Bangkok “The Nation”. “Il nous incombe de nous défendre contre les agressions et les menaces”. La SEAPA a été constituée lors d’une conférence à Bangkok en novembre dernier. Elle rassemble des groupes des Philippines, de Thaïlande et d’Indonésie. Le conseil d’administration de la SEAPA a déclaré que la nouvelle association axerait sa recherche sur “les lois sur la presse, l’accès à l’information et l’éthique journalistique, et [qu’il] s’intéresserait plus particulièrement à étendre l’horizon de la liberté d’expression
dans la région”. La SEAPA accroîtra ses effectifs dans la région lorsque la liberté
d’expression se sera propagée dans les autres pays. “Entre-temps, nous continuerons
à défendre les gains que la presse a faits, surtout en Indonésie, a déclaré Kavi, même
si l’expérience nous apprend qu’il n’est pas facile de préserver cette liberté.”

À la rencontre de la SEAPA, les participants ont discuté de “la fragilité de la liberté
gagnée récemment en Indonésie, où la presse est devenue libre presque du jour au
lendemain, avec la démission du Président Suharto, en mai de l’an dernier”. “Mais il n’y a toujours pas de garantie légale et nous devons rester vigilants”, a conclu Lukas
Luwarso, président de l’Alliance des journalistes indépendants (AJI), d’Indonésie.