21 mai 2009

Vol. 08 - 1999 No. 23 (22 juin 1999)


International

ONT ÉTÉ LA CIBLE DE NOMBREUSES ATTAQUES EN 1998

Il y a eu en 1998 au Mexique plus de 200 attaques contre les médias et la liberté d'expression, dont le meurtre d'au moins six journalistes. Tel est le bilan que dresse un réseau de groupes mexicains dans un rapport minutieux publié récemment, "Recuento de Daños, un acertamiento al estado de las libertades de expresion y informacion en México" ("Dossier des attaques : Rapport sur la situation de la liberté d'expression et d'information au Mexique"). Le rapport a été préparé par le Red Mexicana de Proteccion a Periodistas y Medios de Comunicacion [Réseau de protection des journalistes et des médias du Mexique], pour qui ce dossier constitue un "sommet sans précédent". La recherche a été effectuée par la Fondation Manuel-Buendía et le Centre national des Communications sociales (CENCOS), qui en ont également assuré la publication avec le soutien de l'Académie mexicaine des droits de la personne (AMDH) et du Syndicat national des journalistes, qui appartiennent tous au réseau.

International

DE L'ATTRIBUTION DU PRIX DU MISA POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

L'Institut des médias d'Afrique australe (MISA) sollicite des mises en nomination en vue de l'attribution de son prix de la Liberté de la presse. Le prix est accompagné d'une somme de 1000 $ US. Le prix vise à "reconnaître l'excellence en journalisme", que le MISA décrit comme "la défense à tout prix de l'éthique de la profession et la poursuite sans relâche de la vérité, au delà des faits bruts". Le prix vise aussi à reconnaître le travail qui "contribue de manière importante à promouvoir la liberté des médias dans la région [...] que ce soit par des reportages ou d'une autre façon, comme la réforme des médias, la défense de l'industrie ou la formation." Le prix est ouvert à tous les artisans des médias, y compris les photographes, reporters et producteurs de la radio, du vidéo, du film, d'Internet, ainsi que les associations et institutions de médias ayant leur siège en Afrique australe.

Iran

LES CONSERVATEURS S'ATTAQUENT À LA PRESSE

Reporters sans frontières (RSF) signale que les éléments conservateurs ont déposé au Parlement iranien un projet de loi sur la presse qui aurait pour effet de restreindre encore davantage la liberté d'action des médias, déjà passablement circonscrite. Les partisans du Guide spirituel, l'ayatollah Khamenei, qui ont la majorité au Parlement, espèrent réformer le système actuel des tribunaux chargés des affaires de presse, pour en faire une arme encore plus restrictive et poser une menace sérieuse à la liberté de la presse. Rappelant que seize journaux ont été suspendus et que treize journalistes ont été arrêtés au cours des dix-huit derniers moins, RSF signale aussi qu'une campagne de harcèlement est en cours contre la presse. Selon RSF, "les journalistes de la presse libérale subissent les pressions de la part de l'appareil judiciaire, dominé par les conservateurs". Des journaux sont suspendus pour de simples affaires de "diffamation". Cinq dissidents et intellectuels, dont deux journalistes, ont été assassinés l'an dernier. D'autres personnes ont été arrêtées et n'ont été relâchées qu'après avoir versé des amendes colossales. Selon RSF, "les élections législatives sont prévues pour mars 2000, à l'issue desquelles les tenants de la ligne dure craignent de perdre leur dernier bastion au sein du régime islamique".

Gambie

RADIO ET LA NOUVELLE POLITIQUE SUR LES MÉDIAS

Les journalistes qui ont participé au 4e congrès de l'Union des journalistes d'Afrique de l'Ouest (UJAO) à Banjul, en Gambie, ont dénoncé de nombreuses violations de la liberté des médias, notamment la fermeture d'une station de radio et la politique que propose le gouvernement sur les médias. Le 17 juin, à la clôture du congrès, l'UJAO et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ont soutenu, dans un communiqué publié conjointement avec le Syndicat de la presse de Gambie (GPU), que la station Citizen FM doit revenir en ondes en Gambie. Après la rencontre, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a lui aussi fait parvenir une lettre de protestation sur cette question. Un appel récent devant la Haute cour a été reporté. Le 6 février 1998, le propriétaire de la station Citizen FM, Baboucar Gaye, et le chef de la salle des nouvelles Ebrima Sillah ont été détenus et la station fermée par des agents de la National Intelligence Agency [Agence nationale de renseignements] (NIA). Gaye a été accusé d'exploiter une station de radio sans permis, mais il semble que la fermeture soit reliée à des reportages controversés sur les activités de la NIA. L'UJAO, la FIJ, le GPU et le CPJ ont également dénoncé le congédiement récent du chef de la salle des nouvelles et du directeur adjoint du journal "The Observer". Demba Jawo et Theophilus George ont en effet été remerciés après que le journal fut passé entre les mains d'un entrepreneur ayant ses entrées au gouvernement.

International

S'APPRÊTE À FAIRE MAIN BASSE SUR LES MÉDIAS

Selon l'Association des médias des Îles du Pacifique (PINA), le gouvernement des îles Fidji entreprend bien mal son nouveau mandat avec son intention déclarée de soutenir les médias libres. Le 21 juin, le gouvernement de coalition dirigé par le parti travailliste a dévoilé son plan de présenter devant le Parlement un projet de loi en vue d'imposer un "conseil des médias", de manière à remplacer le conseil d'autoréglementation actuel, qui est un organisme indépendant. Selon Lekh Ram Vayeshnoi, ministre chargé de l'information auprès du Premier ministre Mahendra Chaudry, les médias poursuivent "leurs propres objectifs politiques". Il a déclaré devant la Chambre des Représentants qu'"ils [les médias] ont tout fait pour promouvoir et projeter les tendances des gens ou des groupes qu'ils appuient, aux dépens des autres". Il a aussi ajouté que le conseil serait doté d'un code de conduite qui comprendrait "un code d'éthique en matières de nouvelles, des normes de programmation et des normes de publicité". Après son élection le mois dernier, rapporte le journal "The Fiji Times", le nouveau Premier ministre Mahendra Chaudry s'est engagé le 21 mai à n'adopter aucune loi dirigée contre les médias, ni à leur imposer de permis d'exploitation. La PINA signale également que le gouvernement a déposé un nouveau projet de loi pour réglementer l'industrie de la radiodiffusion. L'annonce en a été faite le 15 juin par le Président Ratu Sir Kamisese Mara dans un discours prononcé à l'inauguration du nouveau Parlement, et où il a défini les politiques du gouvernement. L'ancien gouvernement, avec l'aide de la Thomson Foundation de Grande-Bretagne, avait procédé à la révision de toute la législation portant sur les médias. La PINA indique que les radiodiffuseurs des îles Fidji attendent d'en savoir davantage avant de formuler quelque commentaire que ce soit. Selon la PINA, "les îles Fidji ont l'une des radio-télévisions les plus diversifiées des îles du Pacifique, avec des stations de radio publique et de radio commerciale, propriétés du gouvernement, des stations de radio commerciale du secteur privé, des stations de radio communautaire et religieuse, ainsi que des stations de télévision commerciale et communautaire".