9 novembre 1999

DE LA RÉUNION DU COMMONWEALTH



Pour l’Association des médias des Îles du Pacifique (PINA), Reporters sans frontières (RSF) et ARTICLE 19, la Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth qui se déroulera du 12 au 15 novembre prochain à Durban, en Afrique du Sud, attire l’attention internationale sur certains de ses membres qui continuent d’avoir de piètres comportements en matière de liberté de presse. Selon le document de RSF, "Vingt et un journalistes ont été tués", dans l’ensemble des pays qui composent le Commonwealth, depuis le dernier sommet, en octobre 1997, "deux cent soixante [journalistes] ont été incarcérés ou interpellés et cent quatre-vingt-dix [autres] ont été victimes de tortures ou de violences". RSF insiste en outre sur le harcèlement systématique des groupes de presse indépendants et des journaux dans ces pays.

En réponse à ces pressions, la Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth a inscrit la liberté de presse à son ordre du jour. Elle a désigné huit de ses membres dont elle entend étudier le dossier au cours de la rencontre. Il s'agit du Cameroun, de la Gambie, du Kenya, de la Malaysia, du Nigéria, du Pakistan, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Le Canada prendra la tête de cette discussion, indique la PINA. ARTICLE 19 publie sur son site web les rapports sur la situation de la liberté de la presse dans ces pays, à http://www.article19.org.">http://www.article19.org">http://www.article19.org.
Même s'ils se disent d'accord pour que le Commonwealth étudie la situation dans les huit pays désignés nommément, ARTICLE 19 et RSF soutiennent que d'autres pays membres du Commonwealth pourraient partager l éclat des projecteurs pour leurs violations des droits de la personne. ARTICLE 19 aimerait ajouter le Sri Lanka, le Swaziland et la Zambie à la liste, tandis que pour RSF, le Bangladesh, l'Inde, le Malawi et Singapour devraient être invités à rendre des comptes. RSF précise que tous les pays désignés affichent leur mépris pour la liberté de la presse, même s'ils se sont tous engagés, par la Déclaration de Harare de 1991, à "travailler vigoureusement en faveur des droits de la personne".

Faisant remarquer que la Déclaration de Harare ne mentionne pas la liberté d'expression, le directeur général de l'Union de la presse du Commonwealth (CPU), Mark Robinson, affirme que son organisation aimerait que les gouvernements du Commonwealth adoptent plusieurs déclarations à propos de la liberté de la presse. La PINA rapporte que la CPU formule ces déclarations dans son document intitulé "Draft Guidelines on the Independence of the Commonwealth Media and Those Working Within It" [Lignes directrices provisoires sur l indépendance des médias du Commonwealth et des gens qui y travaillent]. ARTICLE 19 presse le groupe d'action ministériel du Commonwealth de jouer un "rôle d'alerte rapide proactif" dans la surveillance des cas de violation, par ses membres, des droits fondamentaux de la personne, avant que la situation ne devienne irréversible. RSF demande en outre aux pays du Commonwealth qui n'ont pas signé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIRDCP) de le faire.

À l'occasion de la Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth, ARTICLE 19 annonce qu'il animera, à compter du 8 novembre, une discussion et un débat interactifs en ligne sur la liberté d'expression et les nouvelles technologies. La discussion s'effectuera sur le nouveau site web du British Council, "Commonwealth Voices". Pour voir le site ou pour participer aux discussions, prière de se rendre à http://www.commonwealthvoices.org.">http://www.commonwealthvoices.org">http://www.commonwealthvoices.org.Par ailleurs, l'Institut des médias d'Afrique australe (MISA) et la CPU parrainent un Colloque des Éditeurs dans le cadre des activités organisées par la Fondation du Commonwealth. Le Colloque des Éditeurs se déroulera du 8 au 10 novembre.