16 novembre 1999

ON DISCUTE DE LA RÉGLEMENTATION DE L?INTERNET ET DE L?ACCÈS


Les participants au colloque “Problèmes sociaux, éthiques et juridiques du cyberespace au XXIe siècle”, organisé le 10 novembre en France par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), ont abordé les questions de la réglementation de l’internet et des disparités d’accès à internet. L’expert en information, le Sénégalais Amadou Top, a prévenu les participants que les populations qui n’ont pas accès à internet vont prendre du retard dans la révolution informatique. Selon Top, l’Afrique, avec 9,7 pour 100 de la population de la planète, ne compte que 0,1 pour 100 des utilisateurs du réseau internet dans le monde... tandis que les États-Unis, qui n’ont que 4,7 pour 100 de la population de la planète, comptent 26,3 pour 100 des utilisateurs mondiaux du réseau. Pour sa part, Ronald Koven, du Comité mondial pour la liberté de la presse (WPFC), s’est dit optimiste quant à l’accroissement de l’accessibilité à internet partout dans le monde. Il a ajouté que “les nouvelles technologies vont permettre à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies - qui exige le respect du droit de chercher à obtenir, de recevoir et de transmettre des renseignements et des idées dans n’importe quel média, de devenir une réalité vivante”.

Gil Santos, de I’Institut de la presse des Philippines (PPI), a affirmé que la réglementation de l’internet par des groupes dans les pays développés a déjà conduit à “une nouvelle colonisation des pays en développement”. Considérant la création de règles pour l’internet, Hervé Bourges, du Conseil supérieur de l’audiovisuel, a invité l’UNESCO à jouer un rôle central et à “aider les gens et les nations à combattre l’uniformisation de la pensée, qui menace de mener à la domination du marché, à la prépondérance de la technologie sur la communication et des affaires sur la pensée libre”.