14 mars 2000

DANS LE MONDE


La liberté de la presse s’est heurtée en 1999 à des conditions difficiles partout dans le monde. Telle est la conclusion générale de l’Institut international de la presse (IIP) dans son rapport récent intitulé “IPI World Press Freedom Review” [Revue de la situation de la liberté de la presse dans le monde]. Le document est disponible sur Internet et sur papier. Quatre-vingt-sept journalistes et travailleurs des médias ont perdu la vie ou ont été assassinés en 1999. Des violations des droits ont été commises dans 165 pays au cours de l’année. Un grand nombre des journalistes et des représentants de la presse qui sont morts l’an dernier ont été emportés dans des “vagues de violence” dans les Balkans, en Russie et en Sierra Leone. La République fédérale de Yougoslavie est le pays qui a perdu le plus de journalistes et de représentants de la presse. Vingt-cinq d’entre eux en effet ont perdu la vie. Seize de ces représentants de la presse sont morts en avril 1999 lors du bombardement par
l’OTAN de l’immeuble qui abritait la Radio Télévision serbe à Belgrade. En Afrique, la
guerre civile de la Sierra Leone a coûté la vie à dix représentants des médias. La
Colombie a été le pays le plus dangereux d’Amérique latine pour les journalistes et les représentants de la presse : sept d’entre eux y sont morts en 1999. Le directeur de l’IIP, Johann P. Fritz, affirme en outre que les conflits de Serbie, de Sierra Leone et du Timor oriental ont été particulièrement cruels pour les journalistes, qui étaient “considérés comme des cibles et qui ont été visés délibérément parce qu’ils étaient journalistes, parce que des gens n’aimaient pas ce qu’ils écrivaient”.

Le grand nombre de “meurtres non résolus de reporters et de directeurs de
publications a aussi contribué à faire de 1999 une année difficile”. Le rapport fait état
de “milliers de cas d’agression, d’incarcération, de disparition, d’intimidation et de
censure, commis pour étouffer la libre circulation de l’information partout dans le
monde”. L’IIP ajoute que l’impunité qui entoure ces actes démontre que les régimes
éprouvent une “réticence officielle” à enquêter sur les violations commises contre les
travailleurs des médias et à inculper les responsables. La Turquie reste le pays du
monde qui emprisonne le plus de journalistes; la Chine, la Birmanie, l’Éthiopie, Cuba,
la République démocratique du Congo, le Népal et la Syrie figurent en bonne place sur
la liste des pays qui font taire les journalistes en les jetant en prison. Dans de
nombreux pays, on continue à utiliser les lois pour réduire des personnes au silence,
tandis que l’accès à l’information demeure mauvais.

L’IIP diffuse récemment son rapport sur son site web. Le texte intégral se trouve àhttp://www.freemedia.at.">http://www.freemedia.at">http://www.freemedia.at.Le document contient des analyses sur l’Afrique, les
Amériques, l’Asie, l’Australasie et l’Océanie, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du
Nord; il se penche sur la situation de la liberté de la presse dans 165 pays. On peut
obtenir une copie papier du rapport en communiquant avec l’IIP, Spiegelgasse 2,
A-1010, Vienne, Autriche; téléphone : +43 1 512 90 11; télécopieur : +43 1 512 90 14;
adresse électronique : Michael Kudlak à ipi.vienna@xpoint.at, ou Peter Goff à info@freemedia.at.">mailto:ipi.vienna@xpoint.at">ipi.vienna@xpoint.at, ou Peter Goff %26#224; info@freemedia.at.