21 mai 2009

Vol. 09 - 2000 No. 30 (01 août 2000)


Pérou

DES JOURNALISTES ET DES MANIFESTANTS SONT BLESSÉS

L’Institut pour la presse et la société (IPYS), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) rapportent que des manifestants, qui participaient aux protestations organisées pour dénoncer l’assermentation le 28 juillet du président Alberto Fujimori, ainsi que des journalistes étrangers qui couvraient l’événement, ont été blessés dans des heurts avec la police. Selon la FIJ, celle-ci a même confisqué une partie du matériel des journalistes. La manifestation avait été organisée par le dirigeant de l’opposition Alejandro Toledo pour dénoncer le scrutin de mai dernier, très controversé, qui a vu la réélection pour un troisième mandat du président Fujimori. Toledo a boycotté le scrutin du 28 mai et accuse Fujimori de fraude électorale. On estime qu’environ 80 000 personnes ont participé aux manifestations.

Philippines

QUELQUES JOURNALISTES SONT REMIS EN LIBERTÉ

Le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (CMFR) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapportent qu’un reporter allemand et deux journalistes philippins, qui avaient été enlevés par la guérilla islamique d’Abou Sayyaf, ont été remis en liberté les 27 et 30 juillet respectivement. Le caméraman philippin Val Cuenca et le recherchiste/rédacteur Maan Macapagal ont été enlevés le 24 juillet par la guérilla pendant qu’ils assuraient la couverture de la crise des otages dans l’île de Jolo, dans le sud des Philippines. Le reporter allemand Andreas Lorenz a été capturé le 2 juillet par des rebelles armés, lui aussi pendant qu’il couvrait la crise. Le 23 avril, rappelle le CPJ, Abou Sayyaf a enlevé 21 personnes dans un centre de villégiature dans l’île malaysienne de Sipadan. Selon le CPJ, la guérilla “est un regroupement disparate de plusieurs centaines de combattants musulmans qui luttent pour avoir un État islamique séparé dans le sud des Philippines”.

Monténégro

FILIPOVIC EST CONDAMNÉ À SEPT ANS DE PRISON

Beaucoup de membres de la communauté de l’IFEX ont été indignés d’apprendre que le journaliste serbe Miroslav Filipovic avait été condamné à sept ans de prison pour “espionnage” et “diffusion de fausses nouvelles”. Le 26 juillet, Filipovic, correspondant du quotidien indépendant “Danas” et de l’Agence France-Presse, a été condamné par le tribunal militaire de Niš. Il avait été arrêté par les services de sécurité et détenu deux fois au cours du mois de mai. Accusé une première fois le 13 juin, “l’accusation était basée sur des articles traitant des activités de l’armée yougoslave”, dans lesquels il avait “notamment recueilli les témoignages de militaires yougoslaves condamnant les exactions serbes au Kosovo”, rapporte Reporters sans frontières (RSF).

International

ET POURSUIT SON COMBAT CONTRE L?IMPUNITÉ

Des éditeurs, des journalistes, d’anciens présidents et d’autres invités venus de tous les pays de l’hémisphère se sont rencontrés le 27 juillet dernier au quartier général de la Société interaméricaine de la presse (SIP) à Miami, aux États-Unis, pour discuter de la Déclaration interaméricane sur la liberté d’expression. Les participants ont abordé diverses questions, notamment les restrictions juridiques et les contestations judiciaires auxquelles se heurte la presse dans l’hémisphère, l’unité de réponse rapide de la SIP et les établissements universitaires et leur influence sur le professionnalisme des journalistes.

Angola

LES ?GESTES DÉMOCRATIQUES? NE SONT QUE FAÇADE, DIT LE MISA

On doit accueillir avec circonspection les manœuvres politiques du gouvernement angolais, qui semblent indiquer une certaine ouverture démocratique en ce qui concerne les lois sur les médias. En effet, selon le bureau angolais de l’Institut des médias d’Afrique australe (MISA), le ministre des Communications sociales, Hendril Vaal Neto, a déclaré le 25 juillet que “le Président de la République a pris l’initiative de démocratiser le débat sur la révision de la Loi sur les médias”. Neto a invité “tous les citoyens angolais, en particulier les journalistes, à participer à l’élaboration d’une nouvelle loi sur les médias”. Le projet que le gouvernement a déposé n’a pas été élaboré après bien des consultations, et il semble que le geste du gouvernement, d’apparence démocratique, ne soit qu’une tentative pour “manipuler la réalité” de la répression des médias, qui se poursuit sous la présidence de José Eduardo dos Santos, souligne le MISA-Angola.

International

LES VIOLATIONS SE MULTIPLIENT EN RUSSIE

L’Institut international de la presse (IIP), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapportent que Sergueï Novikov, propriétaire d’une station de radio, a été abattu par balles par un inconnu, devant son immeuble, à Smolensk. L’IIP rapporte que d’après ses collègues, Novikov a été assassiné pour des raisons politiques. La station de radio indépendante “Vesna”, dont il était le propriétaire, se montrait souvent critique à l’égard du gouvernement régional et avait diffusé des reportages sur des “allégations de corruption”. Selon RSF, en juin, “Novikov a publié une lettre ouverte au gouverneur de Smolensk, “citant les noms de personnes impliquées dans des affaires criminelles” et l’avait averti que, “si la situation ne s’améliorait pas, il se présenterait contre lui lors des prochaines élections”. Le meurtre de Novikov survient pendant que se multiplient en Russie les attaques contre les journalistes et contre la liberté de la presse, dit l’IIP. RSF exprime son inquiétude devant la détérioration de la situation des libertés dans le pays.