4 juin 2002

À CERTAINS PAYS QUI PARTICIPENT À LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL


On pourrait croire qu’il n’y a que les joueurs de football qui commettent des infractions flagrantes contre leurs adversaires qui méritent un carton rouge (la pénalité la plus grave que puisse recevoir un joueur). Mais pas pour Reporters sans frontières (RSF), qui profite cette semaine de la tenue de la Coupe du monde pour alerter le monde de la situation de la liberté de la presse dans cinq des pays qualifiés pour participer au tournoi.

“Pour les sévices, les exactions, les atrocités qu’elles commettent, l’Arabie saoudite, la Chine, la Russie, la Tunisie et la Turquie méritent un carton rouge. Dans ces pays, on emprisonne, on torture, on assassine parfois des journalistes et ceux qui pensent différemment.”

En Arabie saoudite, les autorités contrôlent les médias de très près et répriment toute critique du gouvernement, dit le groupe. Les activités des particuliers sur Internet sont étroitement surveillées et les sites jugés contraires à la morale ou à l’Islam sont bloqués.

En Chine, le Parti communiste contrôle les médias par la force. L’an dernier, douze médias ont été censurés. Vingt-deux cyberdissidents sont actuellement incarcérés, dit RSF.

Par ailleurs, plus de 50 journalistes ont comparu l’an dernier devant les tribunaux turcs à cause de ce qu’ils avaient écrit. Un arsenal législatif répressif protège l’État contre les revendications kurdes, islamistes et d’extrême gauche, poursuit RSF. Ceux qui critiquent l’armée sont systématiquement inquiétés. En 2001, trente journalistes ont été interpellés et vingt autres agressés.

En Tunisie, beaucoup de journalistes ont été contraints à l’exil à cause des conditions d’exercice de la liberté de la presse imposées par le président Zine el Abidine Ben Ali. Les opposants et leurs familles subissent les pressions croissantes des autorités, fait remarquer RSF. Deux journalistes sont actuellement en prison.

Enfin, en Russie, où le nombre des meurtres et des agressions de journalistes augmente, la presse l’ensemble de la presse du pays est contraint à l’autocensure sous peine de harcèlement judiciaire, fait remarquer RSF. La liberté de l’information est soumise à de nouvelles restrictions en Tchétchénie, où de lourdes procédures d’accréditation imposaient déjà aux journalistes de graves restrictions.

Pour plus de renseignements, voir à www.rsf.org.">http://www.rsf.org/article.php3?id_article=2425">www.rsf.org.