5 mai 2006

JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE


Les membres de l'IFEX et autres défenseurs de la libre expression de partout dans le monde célèbrent la Journée mondiale de la liberté de presse le 3 mai 2006 - un jour qui sert à rappeler au monde le rôle essentiel que joue une presse libre pour renforcer les démocraties et stimuler le développement.

Célébrée chaque année depuis 1993, année de sa proclamation par l'Assemblée générale des Nations Unies, la Journée mondiale de la liberté de la presse constitue une occasion de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie à cause de leur travail, et de promouvoir l'importance de protéger le droit à la liberté d'expression.

En tant que seule agence des Nations Unies à se consacrer à la promotion de la liberté de la presse et de la liberté d'expression, l'UNESCO organise une cérémonie annuelle de remise de récompenses et une conférence pour souligner la Journée mondiale de la liberté de la presse. Les événements de cette année se déroulent à Colombo, au Sri Lanka, et ont pour thème « Médias, développement et éradication de la pauvreté ».

Le 3 mai, l'UNESCO remettra à la journaliste libanaise May Chidiac le Prix mondial UNESCO/Guillermo Cano 2006 de la Liberté de la presse. La récompense de 25 000 $ US honore la mémoire du journaliste colombien Guillermo Cano, assassiné en 1987 après avoir dénoncé les activités des puissants barons de la drogue de son pays. Elle distingue le travail d'une personne ou d'une organisation qui défend ou promeut la liberté d'expression, souvent en courant de grands pour sa vie.

Présentatrice populaire des nouvelles à la télévision, Chidiac a survécu à une tentative d'assassinat le 25 septembre 2005. Elle a perdu la main et la jambe gauches lorsqu'une bombe attachée sous sa voiture a explosé quelques secondes après qu'elle fut montée à bord. Elle en est venue à symboliser la liberté d'expression au Liban, où l'assassinat en 2005 de deux de ses collègues ? le chroniqueur libanais Samir Kassir et l'éditeur de journal Gebran Tueni ? a secoué le pays.

Aujourd'hui, l'UNESCO tient une conférence qui se penche sur l'importance de maintenir une presse libre dans le contexte de l'éradication de la pauvreté et de l'effort mondial mené par les Nations Unies pour réaliser les Objectifs de Développement du Millénaire.

« Les médias libres et indépendants servent de véhicules pour le partage des informations afin de faciliter la bonne gouvernance, créer des occasions d'accéder à des services essentiels, promouvoir la reddition de comptes et aussi contrer la corruption et de développer la relation entre un ensemble de citoyens informés, critiques et qui participent à la vie publique et des élus attentifs », dit le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura.

Matsuura fait remarquer que des médias libres et indépendants sont associés à un vaste éventail d'avantages extrêmement pertinents pour l'éradication de la pauvreté, notamment la reconnaissance et le renforcement des droits fondamentaux de la personne, une société civile plus forte, un changement des institutions, la transparence politique, le soutien à l'éducation, la sensibilisation à la santé publique (comme les campagnes d'éducation sur le VIH et le SIDA) et des modes de vie durables.

« Il y a aussi une forte corrélation positive entre la liberté d'expression et des revenus plus élevés, une mortalité infantile plus faible et un accroissement de l'alphabétisation chez les adultes », ajoute-t-il.

Tout en insistant sur l'importance de médias libres dans le contexte de l'éradication de la pauvreté, l'UNESCO et d'autres organisations intergouvernementales reconnaissent aussi les dangers auxquels font face les journalistes qui couvrent la nouvelle, partout dans le monde.

Dans une déclaration conjointe rendue publique aujourd'hui, quatre experts qui suivent de près la liberté des médias pour le compte des Nations Unies, de l'Organisation des États Américains, de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, affirment qu'« en 2005, le monde a recensé le plus grand nombre de journalistes et d'autres professionnels des médias tués ou blessés dans l'exercice de leurs fonctions ».

Ces experts appellent les gouvernements à « combattre l'impunité qui entoure la violence contre les journalistes et le personnel des médias, en traduisant en justice les personnes responsables de ces agressions, et en prenant des mesures qui permettent aux journalistes et au personnel des médias de continuer à fournir des informations, librement et de manière indépendante ».

Ils exigent en outre que tous les journalistes détenus à cause de leurs activités dans les médias soient libérés immédiatement.

Un incident survenu le 2 mai a rappelé tristement les dangers auxquels s'exposent les journalistes. Des inconnus armés ont fait irruption dans les locaux du journal en langue tamoule « Uthyan » à Jaffna, au Sri Lanka, et ont ouvert le feu sur les employés, rapporte le Free Media Movement (FMM).

Deux personnes ont été tuées : M. Suresh, 35 ans, et M. Ranjith, 24 ans. Les tueurs ont également détruit tous les ordinateurs du bureau (voir à : http://www.ifex.org/en/content/view/full/74135/).
Consulter les sites suivants :

- Couverture par l'IFEX de la Journée mondiale de la liberté de la presse http://www.ifex.org/en/content/view/full/242/- UNESCO : http://www.unesco.org/webworld/wpfd/2006- Programme de la Conférence de l'UNESCO : http://tinyurl.com/jn7yo- Prix mondial de la Liberté de la presse : http://tinyurl.com/42zjk- Déclaration conjointe des Experts de la liberté des médias : http://www.osce.org/documents/html/pdftohtml/18837_en.pdf.html- Projet du Millénaire des Nations Unies : http://www.unmillenniumproject.org/- Campagne du Millénaire : http://www.millenniumcampaign.org