29 décembre 2003

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Le caricaturiste Ali Dilem condamné à quatre mois de prison avec sursis


Détails de l'incident

Ali Dilem

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(RSF/IFEX) - RSF dénonce la peine de quatre mois de prison avec sursis prononcée le 23 décembre 2003 par le tribunal d'Alger à l'encontre d'Ali Dilem, caricaturiste du quotidien "Liberté".

"Nous dénonçons, une nouvelle fois, l'utilisation abusive de l'article 144 bis du code pénal par les autorités algériennes qui, sous couvert de diffamation, visent à faire taire la presse privée, jugée trop irrévérencieuse. Le pouvoir politique cherche ainsi à briser la plume d'un des caricaturistes les plus mordants de la presse algérienne", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF.

Dilem a été condamné pour diffamation, en vertu de l'article 144 bis du code pénal amendé, à une peine de quatre mois de prison avec sursis, et à une amende de 100 000 dinars (environ 1 430 $US ; 1 150 euros), dans une affaire l'opposant au ministère de la Défense nationale. Abrous Outoudert et Hacène Ouandjeli, respectivement ex-directeur de publication et ex-directeur de la rédaction ont été condamnés dans la même affaire à verser une amende de 50 000 dinars (environ 715 $US ; 575 euros) chacun. La caricature incriminée, datée du 3 avril 2002, mettait en scène un drame survenu la veille, quand 21 militaires avaient été victimes d'un faux barrage dressé par deux terroristes. Elle était légendée "Le code pénal protège les généraux, pas les soldats". Le ministère de la Défense avait jugé diffamatoire cette caricature. Pour l'avocat de Dilem, Maître Bourayou, ce verdict est particulièrement sévère. "On veut non seulement le condamner, lui, mais aussi cette forme d'expression", a-t-il déclaré au quotidien "Le Matin".

L'article 144 bis du code pénal prévoit des peines de deux à douze mois de prison et des amendes allant de 50 000 à 250 000 dinars (environ 715 à 3 580 $US ; 575 à 2 870 euros) pour toute mise en cause du président de la République dans des termes injurieux, insultants ou diffamatoires. Ces sanctions visent également les mêmes délits lorsqu'ils sont commis à l'encontre du "Parlement ou de l'une de ses deux Chambres, ou de l'ANP [l'Armée nationale populaire]".



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