6 juillet 1999

SIX REPORTERS SONT AGRESSÉS


Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète des dernières violations de la liberté de la
presse en Azerbaïdjan, ainsi que du projet de loi sur les médias actuellement débattu
au Parlement. Selon le secrétaire général de RSF, Robert Ménard, “ce débat, marqué
par les insultes et les attaques contre la presse indépendante, ne permettra certainement pas l’adoption d’une loi démocratique sur l’information”. Dans une lettre datée du 2 juillet, RSF demande au Président Aliyev d’“utiliser toute son autorité pour garantir le respect de la liberté de la presse dans le pays et pour faire cesser toutes les formes de violence contre les journalistes”. D’après les informations recueillies par RSF, depuis le 19 juin, six reporters ont été agressés, les bureaux de la rédaction d’un journal indépendant ont été attaqués et un journaliste est passible d’une peine de cinq
ans de prison pour avoir diffamé un député.

Le 19 juin, Elman Maliyev, du quotidien “Hurriyet”, a été passé à tabac par deux
inconnus qui se disaient de la police et prétendaient le punir de ses articles sur les
affaires criminelles. Toujours selon RSF, quatre autres journalistes du même journal
ont été agressés le 29 juin en représailles à un article sur les “rois du pétrole” de la
région de Ganja. Kamal Tagisoy, du journal “Yeni Musavat”, d’opposition, a été enlevé
le 30 juin par trois individus masqués. Il a été sauvagement agressé puis relâché une
heure plus tard. Cette agression serait reliée à des articles de Tagisoy sur la santé du Président. Un débat sur le nouveau projet de loi à l’étude devant le parlement a suscité le 25 juin un certain nombre d’observations injurieuses et méprisantes contre les journalistes, déclare RSF. Les médias ont été accusés d’“immoralité”, de “trahison” et de “chercher à miner la souveraineté de l’Azerbaïdjan”; le député Djelal Aliyev a traité de “putains” les femmes journalistes qui travaillent aux journaux indépendants et leurs collègues masculins de “canailles”. Entre-temps, Irada Husseinova, journaliste du “Bakinski Bulvar”, pourrait être condamnée à cinq ans de prison si elle est reconnue coupable de diffamation.



 
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