5 janvier 2006

LOUKACHENKO RESSERRE SON ÉTREINTE SUR LES CRITIQUES


Le Bélarus est considéré généralement comme l'un des derniers bastions de l'autoritarisme en Europe, alors qu'il vit depuis 1994 sous la férule du président Aleksander Loukachenko.

L'État y contrôle étroitement la presse, tandis que les médias indépendants sont fréquemment la cible de harcèlement, de sanctions judiciaires et d'attaques pour leurs critiques du président.

Une nouvelle loi vient maintenant s'ajouter pour tenter de faire taire encore plus les voix critiques, en prévision des élections présidentielles de mars 2006, indiquent Human Rights Watch, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Promulguée par Loukachenko au début du mois, la nouvelle loi fait de la critique du président et de son gouvernement un délit passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans, dit le CPJ. Elle comporte une disposition aux termes de laquelle quiconque fournit « de fausses informations sur la politique du Bélarus ou sur sa politique sociale, militaire ou en matière de relations internationales », à des organisations internationales, des agences ou gouvernements, est passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à deux ans.

Toute personne qui adhère à un parti politique non enregistré ou interdit est passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à deux ans, tandis que les personnes qui participent à une manifestation de rue sont passibles d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à trois ans, fait remarquer RSF.

La loi renforce la législation existante, qui fait déjà un délit de critiquer Loukachenko ou n'importe quel haut dignitaire du régime.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies pour le Bélarus, Adrian Severin, a critiqué la nouvelle loi, disant qu'elle allait « miner gravement les droits aux libertés d'assemblée, d'association et d'expression des organisations de la société civile et des individus ».

Severin presse également le gouvernement de cesser de harceler et de persécuter les défenseurs des droits de la personne et de « prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le droit à la liberté d'opinion et d'expression ».

D'après un dossier de Human Rights Watch, le gouvernement Loukachenko a érodé les droits civils et politiques au cours des dix dernières années. Le nombre des médias indépendants et des groupes de la société civile diminue en raison des pressions des autorités.

Dans le dernier droit précédant les élections d'octobre 2004, généralement considérées comme inéquitables par les observateurs internationaux, une dizaine à peu près de médias imprimés ont été suspendus, la plupart pour avoir violé des exigences d'inscription en grande partie formalistes, dit Human Rights Watch.

Les campagnes électorale et référendaire ont baigné dans un climat d'intimidation, marqué par des descentes de la police contre les bureaux d'opposition et la détention de candidats d'opposition et de travailleurs de campagne.

Le CPJ fait remarquer que le jour de l'élection, les autorités ont empêché des dizaines d'observateurs locaux et internationaux de suivre la situation dans les bureaux de scrutin, pendant que la télévision d'État violait les lois du pays en diffusant des publicités et des sondages réalisés à la sortie des bureaux de scrutin, en faveur de Loukachenko.

Consulter les sites suivants :

- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=15834- Alertes de l'IFEX sur le Bélarus : http://www.ifex.org/en/content/view/full/188/- CPJ : http://www.cpj.org/news/2005/Belarus07dec05na.html- Rapport du CPJ sur le Bélarus : http://www.cpj.org/attacks04/europe04/belarus.html- Human Rights Watch : http://hrw.org/english/docs/2005/01/13/belaru9878.htm- Le Rapporteur des Nations Unies exprime son inquiétude : http://tinyurl.com/ajhgv- The Guardian : http://www.guardian.co.uk/russia/article/0,2763,1669521,00.html- Là où la tyrannie règne : http://tinyurl.com/9ejkv

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