11 août 2004

Le ministre de la Communication poursuit sa reprise en main des médias publics


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(RSF/IFEX) - Le ministre de la Communication, des Sciences et de la Technologie du Botswana, Boyce Sebeleta, a récemment pris la décision unilatérale d'arrêter la rubrique "Political Profiles" du quotidien public "Daily News" et la revue de presse de la radio d'Etat, Radio Botswana.

"Cette interférence dans la ligne éditoriale de deux médias est d'autant plus intolérable qu'elle porte un grave préjudice au pluralisme de l'information. En effet, ces deux émissions offraient une large tribune, d'une part aux membres de l'opposition, et d'autre part aux organes de presse privés", a déclaré RSF. "Ce n'est pas la première fois que Boyce Sebeleta prend l'initiative de tels actes de censure dans le but de faire taire toutes les voix critiques à l'égard du parti au pouvoir, le Botswana Democratic Party (BDP). Cette dérive est réellement inquiétante dans un des pays les plus ouverts à la liberté de la presse du continent africain", a ajouté l'organisation.

La rubrique "Political Profiles", qui était devenue au fil des années un pilier du quotidien d'Etat gratuit "Daily News", a été brusquement stoppée sur ordre de Sebeleta, sans autre forme d'explications. Bapasi Mphusu, directeur de l'information du journal, a indiqué que cet arrêt n'était que temporaire, dîcté par des obligations de modernisation. L'opposition politique ne l'entend pas de cette oreille et y voit avant tout un moyen pour le gouvernement de l'empêcher de s'exprimer dans le journal le plus lu du pays, à deux mois des élections législatives.

La revue de presse quotidienne de la radio publique Radio Botswana, qui accordait une place importante aux médias privés, a connu le même sort. Cette décision est la nouvelle preuve de la volonté du ministre de la Communication de museler les journaux indépendants. En 2003 déjà, il a fait entrer le "Daily News" sur le marché des espaces publicitaires, en concurrence avec la presse privée, alors que, auparavant, le financement du quotidien provenait intégralement des taxes perçues par l'Etat. "Nous dépendons essentiellement des recettes publicitaires pour survivre. Ce changement va tuer les voix alternatives", s'était alors inquiété le directeur d'un hebdomadaire local.

Une autre émission de Radio Botswana avait été supprimée à la fin de l'année 2003. Sebetela reprochait à "Masa-a-sele", qui permettait aux auditeurs de donner leur avis sur l'actualité politique, de donner trop de place aux critiques contre le BDP (consulter l'alerte de l'IFEX du 18 novembre 2003).



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