18 novembre 2004

Un journaliste risque trois ans de prison pour avoir filmé en caméra cachée


Détails de l'incident

George Buhnici

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(RSF/IFEX) - George Buhnici, de la chaîne privée roumaine Pro TV, a été interpellé par les autorités bulgares le 16 novembre 2004 après avoir filmé dans un magasin duty free à la frontière roumano-bulgare à l'aide d'une caméra cachée. L'utilisation d'une caméra cachée, interdite par la loi bulgare, est assimilée à une pratique d'espionnage passible de trois ans de prison.

"Ce journaliste est victime d'une loi absurde et archaïque qui sanctionne avec une sévérité totalement disproportionnée l'utilisation d'une caméra cachée, pratique pourtant courante chez les journalistes d'investigation", a déclaré RSF dans un courrier adressé au procureur général de Bulgarie, Nikola Filchev.

"Nous vous demandons de tout mettre en oeuvre afin que George Buhnici soit libéré sans délai", a ajouté l'organisation internationale de défense de la liberté de la presse.

Le journaliste et son chauffeur, Ovidiu Pavel, ont été arrêtés à la frontière roumano-bulgare, entre Ruse (Bulgarie) et Giurgiu (Roumanie), le 16 novembre dans l'après-midi.

Selon Pro TV, le journaliste filmait en caméra cachée un trafic de cigarettes dans un magasin duty free du poste frontière. Les douaniers bulgares ont saisi le matériel d'enregistrement et le film. Le chauffeur a été relâché quelques heures plus tard, tandis que Buhnici a été placé en détention provisoire au poste de police de Ruse.

Le parquet de Sofia examine toujours le matériel du journaliste afin de déterminer le chef d'accusation. Selon l'article 339(a) du code pénal bulgare, toute personne qui utilise sans autorisation spécifique des "instruments d'espionnage pour recueillir des informations secrètes" est passible d'une peine maximale de trois ans de prison. Dans ce cadre, l'utilisation d'une caméra cachée est illégale.

Le 17 novembre dans la soirée, la durée de détention de Buhnici a été prolongée de 72 heures pour permettre au parquet de décider si la charge d'"espionnage" peut être retenue contre lui.

Le consul de Roumanie à Sofia, Victor Bojin, qui a pu rencontrer le journaliste, a assuré à RSF que les droits de Buhnici étaient respectés et qu'il était optimiste. Les avocats du journaliste espèrent qu'il sera condamné à une amende et qu'il pourra regagner la Roumanie au plus vite.



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