29 juin 1999

APRÈS DES ANNÉES DE RÉPRESSION, LA PRESSE LIBRE REVIENT


Malgré l’étroitesse de son marché, la presse de langue anglaise du Cambodge contribue à la libre expression dans le pays. Telle est la constatation de l’Institut international de la presse (IIP) dans son “IPI Report” (deuxième trimestre de 1999). Nés sous les auspices des Nations Unies au début des années 90 après des décennies de guerre, le “Cambodia Daily” et le “Phnom Penh Post” sont les deux seuls journaux indépendants, à propriété américaine, en Asie du Sud-Est. Dans le “IPI Report”, David Lamb affirme que le lectorat des deux journaux s’étend aux fonctionnaires du gouvernement et aux diplomates, journalistes, investisseurs, décideurs politiques et autres Cambodgiens qui lisent l’anglais, au pays et à l’étranger.

Selon le “IPI Report”, le coup d’État de 1997 a ruiné l’économie du Cambodge et anéanti la plupart des sources de revenus publicitaires des médias. Depuis les élections de l’an dernier, cependant, l’ancien dirigeant du coup d’État, maintenant Premier ministre, Hun Sen, semble s’être mué en un “nouveau défenseur de la presse libre”, encore que ce soit pour courtiser les investisseurs étrangers. Cette situation a stimulé la vente d’annonces publicitaires et maintenu les journaux à flot. Il y a au Cambodge quelque soixante publications en langue khmère, et chacune est soutenue par un groupe politique. Quant au “Cambodia Daily” et au “Phnom Penh Post”, on s’y réfère pour l’objectivité, l’analyse politique et l’exactitude dans la relation des faits. Le personnel des deux journaux comprend un certain nombre d’Occidentaux (sept au “Daily” et quatre au “Post”). D’après le directeur de la rédaction et éditeur du “Post”, Michael Hayes, “le problème le plus important est économique et non pas politique. La presse libre va se porter de mieux en mieux au Cambodge.”




 
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