7 janvier 2006

Un ancien membre de la garde présidentielle menace le correspondant de Reporters sans frontières


Détails de l'incident

Maka Gbossokoto

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(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières s'élève contre les menaces proférées en toute impunité par un sous-lieutenant de la garde présidentielle, connu pour sa brutalité et récemment radié de l'armée, contre le directeur du quotidien privé "Le Citoyen", Maka Gbossokoto.

"Il est indispensable que le chef de l'Etat s'engage personnellement à mettre un terme à ces comportements, a déclaré Reporters sans frontières. Dans des cas comme celui-ci, l'impunité est une incitation au crime. Si rien n'est fait pour empêcher que des individus fassent régner la terreur chez les journalistes, toutes les réformes démocratiques entreprises ne serviront à rien. De plus, les exhortations vertueuses du Président envers l'armée apparaîtraient comme une simple posture, destinée à rassurer la population et la communauté internationale."

Après la parution, le 4 janvier 2006 dans "Le Citoyen", d'un article intitulé "L'année 2006 commence dans la douleur et les larmes", le directeur du quotidien, Maka Gbossokoto, a reçu vers 18 heures 15 (heure locale) un appel téléphonique du sous-lieutenant Jean-Célestin Dogo, un ancien "Libérateur" (nom donné à la rébellion qui a porté François Bozizé au pouvoir en 2003). Le militaire, récemment radié du service de sécurité présidentiel, a exprimé sa colère après le compte-rendu par "Le Citoyen" d'un règlement de comptes meurtrier entre militaires, qui a dégénéré, le 3 janvier, dans un quartier du nord de Bangui, en affrontements entre une partie de la population et des gendarmes. Il a proféré des insultes contre le journaliste, par ailleurs correspondant de Reporters sans frontières et président de l'Union des journalistes centrafricains (UJCA). Il a conclu son appel par : "On se rencontrera et on verra".

Le sous-lieutenant Dogo, réputé proche du président François Bozizé depuis sa prise de pouvoir, est connu des habitants de Bangui pour sa cruauté. Il avait été dégradé et rendu à la vie civile le 21 septembre 2005 pour "indiscipline caractérisée, déshonneur à l'armée et abus d'autorité", après la découverte du cadavre de deux militaires, arrêtés quelques jours plus tôt par ses hommes. Après cette affaire, le chef de l'Etat avait rappelé les forces armées à l'ordre, les enjoignant à se conduire avec "humanisme" et "un grand respect pour les droits de l'homme".



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