2 avril 2007

Un éditeur emprisonné est poursuivi pour avoir critiqué l'organe de régulation des médias du pays


Détails de l'incident

Michel Alkhaly Ngady

editor(s)

imprisoned

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(FIJ/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de la FIJ daté du 29 mars 2007:

La FIJ demande la relaxe d'un éditeur en conflit avec l'organe de régulation des médias de Centrafrique

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd'hui l'attaque de la République Centrafricaine contre l'éditeur et militant des médias Michel Alkhaly Ngady, qui est accusé d'"obstruction à la loi et aux institutions de la République" en relation avec ses critiques contre l'organe de régulation des médias du pays.

Ngady, Président du Groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de Centrafrique (GEPPIC), lutte contre l'organe de régulation des médias de la Centrafrique, le Haut Conseil de la Communication (HCC), depuis la nomination de nouveaux membres qui ne répondent pas aux critères définis par la loi. Le 26 mars, le procureur de Bangui a accusé Ngady d'"obstruction à la loi et aux institutions de la République" et a requis deux ans de prison ferme contre lui. Ngady est en détention provisoire depuis 16 jours.

"Nous appelons le tribunal de Bangui à relaxer Michel Alkhaly Ngady et à retirer les charges contre lui, qui nous le croyons sont sans fondement," a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. "Cette intimidation du HCC est la pire des voies pour asseoir son autorité."

En janvier, le GEPPIC, l'Union des Journalistes de Centrafrique et l'Observatoire des Médias Centrafricains ont dénoncé la désignation de plusieurs membres du HCC. Les organisations de journalistes estimaient que les nouveaux membres, dont les deux nommés par le Président François Bozizé, ne répondaient pas aux critères définis par la loi.

Depuis lors, les trois organisations refusent de reconnaître l'autorité du HCC et d'appliquer ses décisions. Ngady est au devant de cette critique publique contre l'organe de régulation des médias.

Début mars, Ngady a publié une déclaration du GEPPIC qualifiant la décision du HCC de suspendre pour un mois la publication du journal Le Centrafriqu'Un de "nulle et non nul effet". Selon l'agence de presse, Agence Centrafrique Presse, le HCC a imposé l'interdiction d'un mois après que le journal a publié un article intitulé "Les Tchadiens se vantent de tuer impunément". Le régulateur a dit que l'article était "dangereux".

Le tribunal a à nouveau rejeté, lundi, la demande de mise en liberté provisoire des avocats de Ngady. "Emprisonner Michel ne sert qu'à l'intimider ainsi que ses collègues sans effet, il est plus souhaité dans ce contexte actuel de recourir à l'autorégulation par les médias eux-mêmes," a ajouté Gabriel Baglo.

Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 2 avril.

La FIJ représente plus de 500 000 journalistes dans plus de 115 pays.



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