16 juillet 2002

LE SILENCE ENVELOPPE LE MEURTRE D?UN JOURNALISTE POPULAIRE


Un an après l’assassinat de Parmenio Medina, près de son domicile de San José, une chape de silence s’est abattue sur l’enquête ouverte pour le résoudre. Les journalistes ont peur de mener leurs propres enquêtes, affirme un nouveau rapport publié par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Journaliste populaire de la radio du Costa Rica, Medina avait animé pendant 28 ans une émission à la radio, « La Patada »; il critiquait ouvertement l’élite politique et l’Église catholique.

Medina est mort un mois et demi après la fermeture de Radio María, une station de radio catholique très cotée, à la suite d’un reportage de Medina faisant état de mauvaise administration à la station, dit le CPJ [voir le «Communiqué»">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?system_id=3358">«Communiqué»10-27 de l’IFEX]. Ce meurtre a secoué le pays, qui s’enorgueillit souvent d’être une d%26#233;mocratie paisible." «Communiqué»">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?system_id=3358">«Communiqué»10-27 de l’IFEX]. Ce meurtre a secoué le pays, qui s’enorgueillit souvent d’être une démocratie paisible.

Le rapport du CPJ révèle une atmosphère d’autocensure chez les journalistes, qui craignent de mener leurs propres enquêtes sur la mort de Medina. Selon le Code pénal du Costa Rica, toute personne qui reproduit des déclarations susceptibles d’être jugées offensantes, même si la déclaration est le fait du Procureur général, est passible de sanctions.

En outre, les règlements interdisent au Procureur général – responsable de l’enquête sur le meurtre de Medina – de divulguer les noms des suspects. Les autorités refusaient encore le mois dernier de tenir une conférence de presse pour parler de leurs enquêtes, en cours depuis douze mois.

Devant la situation, les journalistes qui couvrent cette affaire ont l’habitude de s’autocensurer, dit le rapport. Un sondage publié dans le quotidien « La Nacion » révèle que plus de 50 pour 100 des 81 journalistes interrogés ont indiqué avoir été intimidés par des responsables de l’État irrités de leurs reportages. Trente-sept pour cent d’entre eux ont dit que des officiels avaient menacé de les poursuivre pour diffamation.

Beaucoup de journalistes costaricains interrogés pour le rapport se sont dits pessimistes face à l’éventualité de voir un jour les assassins de Medina traduits en justice. En fait, certains craignent même que son cas ne fasse office de « précédent pour ceux qui veulent intimider les reporters ».

Malgré la création d’une commission peu après le meurtre pour examiner les réformes possibles à apporter aux lois sur la diffamation, sur neuf projets de loi proposés en ce sens, un seul a été approuvé. Il ne touche pas à la loi sur les « crimes contre l’honneur », qui sanctionne quiconque diffame un particulier, y compris un fonctionnaire, ou qui reproduit des déclarations offensantes contre un particulier, y compris un fonctionnaire.

Pour lire le rapport du CPJ, aller à www.cpj.org.">http://www.cpj.org/Briefings/2002/Costa_rica_july02/Costa_rica_july02.html">www.cpj.org.">http://www.cpj.org/Briefings/2002/Costa_rica_july02/Costa_rica_july02.html">www.cpj.org.">http://www.cpj.org/Briefings/2002/Costa_rica_july02/Costa_rica_july02.html">www.cpj.org.
Par ailleurs, Reporters sans frontières (RSF) et le réseau Damoclès, regroupement d’avocats, de journalistes et de défenseurs des droits de la personne menant la lutte contre l’impunité, ont lancé une campagne de sensibilisation dans la presse costaricaine afin de marquer l’anniversaire de la mort de Medina. Le mois dernier, les groupes se sont rendus dans le pays pour s’informer des progrès de l’enquête.

Pour plus de renseignements, voir à www.rsf.org">http://www.rsf.org">www.rsf.orget %26#224; www.damocles.org.">http://www.damocles.org">www.damocles.org.



 
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