21 janvier 2005

Vague de répression contre les télévisions et les radios


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(RSF/IFEX) - Le 18 janvier 2005, les chaînes Canal Congo TV (CCTV), Canal Kin TV (CKTV) et la station Radio Liberté Kinshasa (RALIK) ont été coupées, sans préavis ni décision légale. De plus, les radios et les chaînes confessionnelles et thématiques n'ont plus le droit de diffuser ni leurs journaux ni leurs émissions de libre antenne ou à caractère politique.

"Suspendre et interdire de la sorte des médias n'est en aucun cas une solution adéquate à des dérapages, a déclaré RSF. Il est inacceptable que les radios confessionnelles et communautaires, principales sources d'information de la population à travers le pays, ne puissent plus traiter de l'actualité. C'est d'abord en responsabilisant les journalistes que les dérives dangereuses pourront être évitées", a ajouté l'organisation.

La direction du centre d'émission de Binza Méteo a reçu un appel, le 18 janvier, lui imposant d'interrompre le signal de CCTV, CKTV et RALIK sur ordre du ministre de la Presse et de l'Information, Henri Mova Sakanyi. Les trois médias appartiennent à un des quatre vice-présidents congolais, Jean-Pierre Bemba, en conflit avec le président de la République, Joseph Kabila. Selon l'organisation partenaire de RSF à Kinshasa, Journaliste en danger (JED), cette décision a été prise suite à une conférence de presse de l'ancien ministre des Transports et des Communications, Joseph Olenghankoy. Toujours d'après JED, lors de cette allocution, l'ancien ministre et président des Forces Novatrices pour l'Union et la Solidarité (FONUS, parti de la coalition au pouvoir) a attaqué le Président, le traitant "d'étranger" et l'accusant, avec sa famille biologique et politique, de détournement de fonds, de "collusion avec les forces d'agression", de possession d'une "milice privée constituée des Interahamwe et ex-FAR (Forces Armées Rwandaises)", auteurs du génocide au Rwanda en 1994.

Dans une note circulaire du 18 janvier, le ministre Sakanyi a évoqué les "dérapages persistants que ne cesse de déplorer l'opinion" pour justifier l'interdiction faite aux radios et aux télévisions confessionnelles et thématiques de "diffuser des émissions politiques et des journaux". Il a précisé que, "conformément à leurs cahiers des charges", ces médias devaient s'interdire de "servir de support à la propagande politique" et ajouté "toutes les émissions à téléphone ouvert sont suspendues jusqu'à nouvel ordre".



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Reporters sans frontières
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