6 mai 2003

RSF demande aux autorités de libérer Daher Ahmed Farah , "Le Renouveau" saisi une fois de plus


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Daher Ahmed Farah

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(RSF/IFEX) - Daher Ahmed Farah, directeur de publication du journal "Le Renouveau" et président du Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD, parti d'opposition), est emprisonné depuis le 20 avril 2003. Les autorités judiciaires ont refusé sa mise en libération provisoire. RSF demande au procureur de la République, Djama Souleiman Ali, de tout mettre en oeuvre pour relâcher ce journaliste et opposant.

"A notre connaissance, Daher Ahmed Farah n'a fait qu'exercer son droit à informer l'opinion publique, un droit garanti par plusieurs traités internationaux ratifiés par la République de Djibouti. Rien ne justifie cette détention prolongée", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. L'organisation a rappelé que les Nations unies condamnent "l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion".

Par ailleurs, RSF a annoncé qu'un membre de l'association Avocats sans frontières avait accepté d'assurer la défense de Farah. Il se rendra à Djibouti dans les jours qui viennent. Aucun avocat sur place n'a accepté de défendre le journaliste.

Enfin, l'organisation a protesté contre la saisie de l'édition n°477 du 5 mai du journal "Le Renouveau". "Non content de s'en prendre à Daher Ahmed Farah, les autorités saisissent à nouveau son journal. C'est un véritable harcèlement", a ajouté Ménard.

Le journaliste a été arrêté à Djibouti, le 20 avril au matin, et placé en cellule d'isolement à la prison de Gabode. Seule sa mère est autorisée à lui rendre visite. Aucune accusation n'a été prononcée officiellement contre le journaliste, mais selon plusieurs témoins, le général Zakaria Cheik Ibrahim aurait porté plainte contre "Le Renouveau" après la publication d'un article le mettant en cause. Dans l'édition n°475 du 17 avril, le journal avait reproché à l'officier le manque de "neutralité" d'une armée qui "doit être apolitique".

Quelques jours plus tard, la Police spéciale de Djibouti s'était rendue au domicile du journaliste et au siège central du MRD afin de saisir sept machines à écrire, un amplificateur, les réserves d'encre des photocopieurs, ainsi que toutes les archives du journal "Le Renouveau", sans qu'aucun mandat de perquisition ait été présenté. Enfin, le 5 mai au matin, des policiers ont saisi l'édition n°477 du journal dans les kiosques et auprès des vendeurs.

Farah a été emprisonné à plusieurs reprises au cours de ces dernières années. Dans la plupart des cas, il était poursuivi pour un délit de presse et a été condamné à des peines de prison ou à des amendes. Le 15 mars, il avait été détenu une journée et condamné à une amende pour avoir "porté atteinte au moral de l'armée".



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