18 décembre 2001

LE TRIBUNAL DES NATIONS UNIES CONDAMNE LES ASSASSINS D?UN JOURNALISTE


Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapporte qu’un tribunal spécial créé par les Nations Unies a reconnu les membres d’un groupe de miliciens appuyés par l’armée coupables des assassinats du journaliste Agus Muliawan et de plusieurs bénévoles religieux et travailleurs de l’aide internationale, ce qui constitue la première poursuite réussie pour crimes contre l’humanité au Timor oriental. Le 11 décembre, le “Special Panel for Serious Crimes of the District Court in Dili” [Groupe spécial de la cour de district de Dili sur les crimes graves] a déclaré sept membres de l’Équipe Alfa coupables du meurtre d’Agus Muliawan et du groupe de religieuses, de prêtres et de travailleurs de l’aide internationale avec lequel celui ci se déplaçait.

Ces personnes ont toutes été assassinées le 25 septembre 1999 dans une embuscade tendue par des membres de l’Équipe Alfa contre l’autocar à un barrage routier près de Los Palos, rapporte le CPJ, qui précise qu’au moment de son assassinat, Muliawan, qui était reporter pour l’agence de nouvelles Asia Press International de Tokyo, tournait un documentaire sur le groupe rebelle indépendantiste “Falintil”. Il était bien connu que l’Équipe Alfa avait l’appui de l’armée indonésienne.

Dans son jugement, le tribunal déclare que “des hommes armés soutenus par les autorités indonésiennes et visant la population civile” portent la responsabilité de la commission d’attaques nombreuses et systématiques contre la population – que l’Autorité transitoire des Nations Unies au Timor oriental décrit comme un “crime contre l’humanité”, rappelle le CPJ. Les Nations Unies estiment que plus de 1 000 personnes ont été tuées dans l’explosion de violence qui a suivi le vote du 30 août 1999 sur l’indépendance.

Le CPJ espère que cette affaire catalysera les efforts pour poursuivre les auteurs du meurtre du journaliste hollandais Sander Thoenes, tué à Dili quelques jours avant Muliawan. Selon le CPJ, il existe des “preuves substantielles” que Thoenes a été assassiné par des éléments du 745e bataillon de l’armée indonésienne. Depuis sa mort, personne n’a été traîné devant les tribunaux [voir les “Communiqués” #8-44">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?category=5%20R%E9compenses&volume=8&issue_no=44&lng=francais#1285">#8-44et #8-37">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?category=1%20Nouvelles%20R%E9gionales&volume=8&issue_no=37&lng=francais#1092">#8-37de l’IFEX]. Pour de plus amples renseignements, voir à www.cpj.org.">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?category=5%20R%E9compenses&volume=8&issue_no=44&lng=francais#1285">#8-44">http://www.cpj.org">www.cpj.org.">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?category=5%20R%E9compenses&volume=8&issue_no=44&lng=francais#1285">#8-44et #8-37">http://communique.ifex.org/articles_francais.cfm?category=1%20Nouvelles%20R%E9gionales&volume=8&issue_no=37&lng=francais#1092">#8-37de l’IFEX]. Pour de plus amples renseignements, voir %26#224; www.cpj.org.">http://www.cpj.org">www.cpj.org.
Le “Washington Post” rapporte entre temps qu’un groupe de recherche sans but lucratif, le National Security Archive, a réussi, grâce à la Loi américaine sur l’accès à l’information, à obtenir des documents tenus secrets jusque là sur le rôle des États Unis dans l’invasion du Timor oriental par l’Indonésie en 1975. Les documents déclassifiés montrent, dit le “Washington Post”, que l’ancien président Gerald Ford et le Secrétaire d’État Henry Kissinger “ont donné le feu vert” au président de l’Indonésie de l’époque, Suharto, pour qu’il envahisse le Timor oriental.

Les documents révèlent que Ford et Kissinger ont rencontré le président de l’Indonésie de l’époque le 6 décembre, veille du début de l’invasion, et qu’ils ont donné l’assurance qu’ils ne s’opposeraient pas à son plan d’envoi de troupes au Timor oriental. Pour voir les documents déclassifiés, aller à www.gwu.edu/~nsarchiv.">http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB62/">www.gwu.edu/~nsarchiv.