1 juin 2004

Un journaliste interpellé pour être interrogé sur ses sources


Détails de l'incident

Leroy Noel

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(RSF/IFEX) - RSF exprime sa vive inquiétude suite à l'interpellation, le 27 mai 2004, du journaliste Leroy Noel, pour être interrogé sur ses sources, suite à la publication d'une affaire de corruption présumée impliquant le Premier ministre de Grenade.

L'organisation dénonce l'attitude des autorités grenadiennes. "L'arrestation, la détention et l'interrogatoire subis par le journaliste sont une véritable atteinte à la liberté de la presse", a-t-elle déclaré.

Le 27 mai, le journaliste Leroy Noel a été arrêté et détenu au poste de police de Saint George's pour être interrogé suite à la publication, le 19 mai, dans le journal en ligne "Caribbean Net News", d'un article intitulé "Les jours sont-ils comptés pour le Premier ministre de Grenade ?". Leroy Noel est la troisième personne arrêtée en deux jours afin d'être questionnée sur sa responsabilité dans la diffusion d'informations sur une affaire de corruption présumée impliquant le Premier ministre de Grenade, Keith Mitchell. Le directeur du service d'information du gouvernement (Government Information Service), Selwyn Noel, avait mis en garde les médias contre la reprise d'un article publié le 15 mai dans le "KYC News" (journal basé à Miami) concernant l'échange, en 2000, d'une forte somme d'argent (500 000 $US) entre le Premier ministre de Grenade et Eric Resteiner, un homme d'affaires allemand. Ce dernier avait alors été nommé à un poste diplomatique par le dirigeant grenadien, puis révoqué en 2001. Il est aujourd'hui poursuivi par la justice des Etats-Unis.

Leroy Noel a finalement été relâché après quatre heures d'interrogatoire. Son avocat, Anselm Clouden, a cependant précisé au quotidien en ligne "Caribupdate" que le journaliste risque d'être "de nouveau arrêté et poursuivi pour diffamation".

L'interpellation de Leroy Noel est intervenue deux jours après qu'il ait reçu des menaces verbales, en public, de la part du Premier ministre grenadien. Selon "Caribupdate", le journaliste ferait partie d'une liste noire de six personnalités des médias susceptibles d'être "prochainement détenues". Le Congrès démocratique national (National Democratic Congress, NDC), principal parti d'opposition, a déclaré que le gouvernement tentait ainsi de "museler la presse".



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Grenade