6 novembre 2001

FERME DES JOURNAUX TANDIS QUE LES NATIONS UNIES EXPRIMENT LEUR INQUIÉTUDE


Tandis que le Conseil de sécurité des Nations Unies exprimait son inquiétude à propos de la situation politique en Guinée-Bissau, le gouvernement ordonnait à deux journaux indépendants de mettre fin à leurs opérations, rapportent l’Union des journalistes d’Afrique de l’Ouest (UJAO) et Reporters sans frontières (RSF). Dans une déclaration rendue publique le 29 octobre, l’UJAO a condamné la décision de fermer le “Diario de Bissau” et la “Gazeta de Noticias”, et a pressé le gouvernement de “s’efforcer de désamorcer l’atmosphère destructive qui règne dans le pays”. L’UJAO a ajouté que le gouvernement pourrait aussi fermer deux stations de radio indépendantes, “Radio Pindjiguiti” et “Bombolom”.

D’après RSF, le procureur public Caetano N’Tchama a ordonné la fermeture des journaux “Diario de Bissau” et “Gazeta de Noticias” parce que ces publications étaient accusées de “violer des secrets officiels” et de “troubler la paix et la stabilité du pays”. RSF constate pour sa part que N’Tchama s’était rendu personnellement dans les bureaux de “Radio Pindjiguiti” le 8 septembre et avait menacé de faire arrêter les employés s’ils ne remettaient pas l’enregistrement d’une émission récente. Selon RSF, l’émission en question soulevait des questions quant à la nomination récente, par le président de la Guinée Bissau, de N’Tchama au poste de procureur public.

Le Conseil de sécurité presse le gouvernement de respecter la constitution du pays et son système judiciaire, à la suite des commentaires du président Kumba Yalla qui affirmait la semaine dernière, selon la BBC, avoir prévu de remplacer 60 pour 100 des fonctionnaires du pays par des membres de son propre parti. Auparavant, Yalla avait congédié trois juges de la Cour suprême, qu’il accusait d’être “faux, corrompus et médiocres”. Yalla a également ordonné à la police de faire feu sur tout politicien qui tenterait d’utiliser l’armée contre lui ou de pénétrer dans les casernes militaires.

L’Enquête de Freedom House sur la situation de la liberté de la presse en 2001 classe les médias de Guinée-Bissau comme “partiellement libres”. L’an dernier, le rédacteur en chef de la station de radio nationale RDN a été démis après que la station eut fait état des difficultés auxquelles les journalistes sont confrontés dans le pays. Et bien que le liberté de la presse soit garantie par la Constitution, “les journalistes pratiquent l’autocensure”. Pour plus de renseignements, voir à www.freedomhouse.org/ratings/index.htm,">http://www.freedomhouse.org/ratings/index.htm">www.freedomhouse.org/ratings/index.htm,www.ujao.org">http://www.ujao.org">www.ujao.orget www.rsf.fr.">http://www.rsf.fr">www.rsf.fr.



Guinée-Bissau
 
Plus d'informations : Guinée-Bissau