7 janvier 2005

L'IMPUNITÉ AJOUTE À L'IGNOMINIE DE L'ASSASSINAT DE JOURNALISTES


Partout dans le monde, le meurtre représente la première cause de décès relié à l'exercice de la profession chez les journalistes en 2004, et dans la vaste majorité des cas, les assassins n'ont pas été inquiétés, d'après une analyse du Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Des 56 journalistes qui ont perdu la vie dans l'exercice de leurs fonctions, trente-six ont été assassinés; à neuf exceptions près, tous les autres meurtres en 2004 ont été commis en toute impunité, dit le CPJ.

Cela indique la perpétuation d'une tendance à long terme, bien documentée par le CPJ, qui montre que 72 pour 100 des 337 journalistes assassinés dans le monde depuis 1995 ont été ciblés en raison de leur travail. Dans 85 pour 100 des cas, la ou les personnes qui ont commandé le meurtre d'un journaliste ont échappé à l'arrestation et aux poursuites.

Par contre, seulement 20 pour 100 des 337 journalistes tués ont perdu la vie dans des échanges de tirs. Dans bien des cas, des journalistes sont assassinés soit pour les empêcher de couvrir une affaire de corruption ou de violation des droits de la personne, soit pour les punir de l'avoir fait.

Le bilan des morts de 2004 est le plus lourd enregistré depuis dix ans.

L'année la plus meurtrière pour les journalistes depuis que le CPJ a commencé à tenir des statistiques est 1994, alors que 66 journalistes avaient été tués, la plupart en Algérie, au Rwanda et en Bosnie-Herzégovine. Selon le CPJ, la plupart des journalistes tués dans le monde chaque année sont des reporters, des photographes, des rédacteurs et des opérateurs de caméra locaux, qui couvrent les événements dans leur propre pays.

Étonnamment, pour la première fois depuis au moins dix ans, aucun journaliste n'a été tué dans l'exercice de ses fonctions en Colombie. Cela peut être parce que les dizaines de meurtres commis au cours des vingt dernières années ont instillé une culture de peur chez les reporters en province, ce qui leur fait éviter de couvrir les sujets délicats liés à la guerre civile qui fait rage.

Le CPJ a aussi recensé en 2004 la mort de 17 travailleurs des médias (chauffeurs, interprètes, accompagnateurs), la majorité en Irak.

Le CPJ considère qu'un journaliste est tué dans l'exercice de sa profession si la personne perd la vie à la suite d'un geste hostile, notamment de représailles liées à son travail, dans des échanges de tirs pendant la couverture d'un conflit ou encore pendant la couverture de circonstances dangereuses comme une violente manifestation de rue. Ne sont pas inclus les journalistes qui perdent la vie dans des accidents ou ceux qui meurent de problèmes de santé.

Le CPJ continue d'enquêter dans 17 autres affaires de journalistes tués en 2004 afin de déterminer si leur décès est relié à leur travail.

Pour plus de renseignements, aller à : http://www.cpj.org/news/2005/USA03jan05na.html


 
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