13 mai 2006

LES PRINCIPAUX TRANSGRESSEURS DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE SONT DÉSIGNÉS


La Corée du Nord, la Birmanie, le Turkménistan, la Libye, la Guinée équatoriale et le Bélarus sont désignés comme les pires délinquants de la liberté de la presse dans le monde, indiquent de nouveaux dossiers de Freedom House et du Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Dans ces pays, les médias indépendants sont soit inexistants, soit à peine capables de fonctionner, dit Freedom House dans son étude « La liberté de la presse en 2006 : Étude sur l'indépendance des médias dans le monde » [Freedom of the Press 2006: A Global Survey of Media Independence]. « Le rôle de la presse se réduit à servir de courroie de transmission au régime en place, tandis que l'accès des citoyens à une information non tendancieuse est sévèrement limité », fait remarquer l'organisation.

L'étude annuelle classe le monde en pays « libres », « partiellement libres » et « non libres » d'après leur dossier au chapitre de la liberté de la presse. Les critères de Freedom House comprennent l'environnement législatif dans lequel fonctionnent les médias, les influences politiques sur le journalisme et l'accès à l'information, ainsi que les pressions économiques sur le contenu et la diffusion des nouvelles. L'étude évalue en outre la situation de la libre expression en ligne dans chaque pays.

À l'échelon régional, Freedom House a constaté un déclin troublant de la liberté de la presse en Amérique latine et dans les Caraïbes depuis les quinze dernières années, et fait remarquer que le nombre des pays classés « libres » a décliné, passant de 23 en 1990 à 17 en 2005.

Autre région qui a connu un déclin notable, l'ancienne Union soviétique, où le nombre des pays classés « non libres » s'est accru, passant de sept en 1995 à dix en 2005.

Dans son rapport intitulé « Les dix pays les plus censurés » [The 10 Most Censored Countries] le CPJ déclare que la censure commanditée par l'État constitue l'une des menaces les plus urgentes auxquelles sont exposés les journalistes partout dans le monde.

« Les gens de ces pays sont virtuellement isolés du reste du monde par des dirigeants autoritaires qui musèlent les médias et étranglent l'information au moyen de lois restrictives, et par la peur et l'intimidation », dit le groupe.

Au haut de la liste trône la Corée du Nord, surnommée le « vide informationnel le plus profond » du monde. Pas un seul journaliste indépendant ne travaille dans le pays et tous les postes de réception des ondes radio et télévision vendus dans le pays sont verrouillés aux fréquences décidées par le gouvernement.

Pour lire les dossiers en détail, consulter :
- Freedom House : http://www.freedomhouse.org/template.cfm?page=70&release=356- Rapport du CPJ : http://www.cpj.org/censored/censored_06.html

 
Plus d'informations : International
  • Les journalistes, bêtes noires de la mafia

    Les puissances mafieuses ne connaissent pas de frontières et se moquent des limites imposées par l’Etat de droit dans les démocraties. Face à elles, avec leurs maigres moyens et leur extrême vulnérabilité, les journalistes n’ont pas l’embarras du choix. Se taire ou risquer leur vie, voilà souvent leur seule alternative.

  • Harcèlement en ligne des journalistes : quand les trolls lancent l'assaut

    Dans son nouveau rapport RSF révèle l'ampleur d'une nouvelle menace qui pèse sur les journalistes : le harcèlement via les réseaux sociaux.

  • Les données du classement de la liberté de la presse 2018