26 janvier 2011

Human Rights Watch accuse les Nations Unies de laxisme en matière de violations


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Le rapport annuel de Human Rights Watch sur les droits de la personne prend en défaut le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et d’autres importants dirigeants, auxquels il reproche l’approche molle du « dialogue tranquille » et de « coopération » afin d’éviter de prendre à partie publiquement des pays qui violent les droits de la personne.

Le rapport de 649 pages intitulé « World Report 2011 » (Rapport mondial de 2011) accuse Ban, dont le mandat doit être renouvelé à la fin de la présente année, d’agir avec timidité dans ses relations avec les membres puissants du Conseil de sécurité comme la Chine, allant même jusqu’à présenter les gouvernements oppresseurs « sous un jour positif » afin d’éviter la controverse.

« Ces dernières années, le recours au dialogue et à la coopération plutôt qu’aux pressions publiques est revenu en force à l’ONU, du Secrétaire général Ban Ki-moon jusqu’à de nombreux membres du Conseil des droits de l’homme », écrit le directeur général Kenneth Roth dans l’introduction du rapport.

À titre d’exemple, Human Rights Watch rappelle le fait que Ban a omis de féliciter Liu Xiaobo, le lauréat du prix Nobel de la paix qui a profondément irrité les officiels chinois, ou le fait qu’il a négligé de demander sa remise en liberté. Ban a, cependant, fait sienne la notion de « diplomatie tranquille » dans son approche de dirigeants comme le Président Omar al-Bashir du Soudan et le général birman Than Shwe.

Cette approche en douceur se répercute dans tout le système, car certains pays des Nations Unies se montrant réticents à dénoncer les violations dans des endroits comme le Zimbabwe et le Sri Lanka, dit le rapport.

D’autres organisations et d’autres dirigeants à part l’ONU font l’objet de critiques. Par exemple, dit Human Rights Watch, l’Union européenne contrevient régulièrement par ses tentatives de « dialogues constructifs ».

« Même lorsqu’elle émet une déclaration où elle se dit préoccupée par la situation des droits de la personne, l’UE souvent ne la soutient pas par une stratégie exhaustive de changement », dit Human Rights Watch. Le rapport attire également l’attention sur le refus de l’UE de corriger les violations commises par ses propres États membres, surtout devant la montée de l’intolérance à l’égard des migrants et de l’accès inadéquat à un asile.

« L’éloquence célèbre (du Président des États-Unis Barack Obama)... lui fait parfois défaut lorsque vient le temps de défendre les droits de la personne », dit le rapport. Les États-Unis sont muets sur les violations des droits de la personne commises par d’importants partenaires bilatéraux comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie et l’Arabie saoudite, affirme le rapport.

Les puissances émergentes comme l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Inde ont aussi élaboré des « démarches tranquilles » vers des pays comme la Birmanie et le Sri Lanka, dit le rapport.

« Le dialogue et la coopération ont leur place, mais il incombe aux gouvernements violents de montrer une volonté véritable de s’améliorer », dit Roth. « En l’absence de volonté politique authentique de la part des gouvernements violents d’apporter des changements, les gouvernements de bonne volonté vont devoir exercer des pressions pour mettre fin à la répression. »

La 21e revue annuelle par Human Rights Watch des pratiques au chapitre des droits de la personne à travers le monde résume les principales questions relatives aux droits de la personne dans plus de 90 pays et territoires du monde.

Cliquer ici pour accéder au « World Report 2011 »



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