7 décembre 2011

Les entreprises qui aident les dictateurs à retracer les activistes doivent rendre des comptes, dit RSF


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D'importantes entreprises de logiciels et de surveillance empochent des milliards à aider les dictateurs à travers le monde alors qu'ils arrêtent et tuent même les adversaires politiques, apprend-on dans un nouveau rapport de WikiLeaks appelé DossiersdEspionnage.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce la collusion des entreprises de pays comme les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et Israël avec des régimes qui piratent des courriels et les téléphones des dissidents, et qui suivent leurs activités en ligne. Une carte interactive montre les pays et les entreprises en cause.

Des documents trouvés en septembre au quartier général de l'ex-dictateur de la Libye Muammar Kadhafi, par exemple, ont révélé que la société française Amesys fournissait au régime iranien de l'équipement de haute technologie destiné à intercepter les courriels de Hotmail, de Gmail et de Yahoo!, ainsi que les messages instantanés.

Par ailleurs, une entreprise italienne, Area SpA, installe en ce moment en Syrie un système de surveillance de l'Internet qui permettra au régime de suivre tout échange de courriels et de rassembler des données personnelles sur les usagers.

"Ces nouvelles révélations de WikiLeaks apportent une confirmation et une meilleure documentation de la collaboration honteuse entre les sociétés occidentales et les régimes autoritaires, qui se font secouer par les vagues du Printemps arabe et qui veulent maîtriser leurs dissidents à tout prix", dit RSF.

RSF demande la mise en place de mécanismes pour permettre de référer à la Cour Pénale Internationale (CPI) les entreprises qui fournissent un soutien technologique aux dictateurs.

"Access Now" rapporte que plus de 10 000 personnes ont signé une pétition qui a mené des sociétés de technologie occidentales à cesser de travailler à un nouveau système de surveillance syrien. Cliquez ici pour signer une pétition qui demande au Congrès des États-Unis et à l'Union européenne "de mettre en œuvre une réglementation solide et applicable afin d'empêcher la vente à des régimes répressifs de technologie de surveillance".

Replacer dans leur contexte les questions de libre expression.

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