14 juin 2004

L'UNION EUROPÉENNE INVITÉE À DURCIR SA POSITION SUR LES DROITS


Alors que les dirigeants de l'Union européenne (UE) s'apprêtent à
rencontrer des responsables iraniens la semaine prochaine dans le cadre du " dialogue [annuel] sur les droits de la personne ", le groupe Human Rights Watch appelle l'UE à exercer des pressions sur l'Iran au sujet de la torture et de la suppression de la libre expression.
" La réponse mitigée de l'Union européenne devant les violations
incessantes des droits de la personne en Iran est profondément troublante ", dit l'organisation, qui fait remarquer que le dialogue annuel n'est pas parvenu à déboucher sur des résultats tangibles. Les dirigeants de l'UE rencontrent les autorités iraniennes à Téhéran les 14 et 15 juin.
Human Rights Watch publie un dossier sur les nombreux cas de torture, d'arrestations et de détentions arbitraires de dissidents au cours des quatre dernières années. Des journalistes indépendants, des écrivaits et des intellectuels comptent parmi les personnes torturées. Des individus interviewés dans le cadre de la réalisation du dossier ont déclaré à Human Rights Watch qu'on leur avait bandé les yeux, qu'on les avait menacés dans leur intégrité physique ou mis en détention solitaire pendant des semaines. Selon l'organisation, le gouvernement iranien a intensifié sa
campagne en réponse aux pressions croissantes en faveur de réformes politiques.
Le dossier de Human Rights Watch documente également comment des personnalités du monde judiciaire, notamment le procureur en chef Saïd Mortazavi, participent aux interrogatoires des détenus et recourent aux menaces pour extorquer des aveux. " Un certain nombre de personnes parmi les autorités judiciaires ont abdiqué de manière flagrante leur devoir d'administrer équitablement la justice et sont connus plutôt pour ordonner la torture des détenus politiques ", dit Human Rights Watch.

Le recours à de telles techniques d'interrogation a effectivement réussi à faire taire la plupart des médias indépendants. À peu près tous les journaux indépendants ont été fermés en Iran; des journalistes et des écrivains de renom ont fui le pays, fait remarquer Human Rights Watch.

Ces dernières semaines, l'Iran a entrepris de répondre aux pressions
internationales que suscite son comportement au chapitre des droits de la personne, dit Reporters sans frontières (RSF). Le 28 avril, le chef de la magistrature, Mahmoud Hashemi Shahrudi, a ordonné aux tribunaux Iraniens, à la police et aux forces de sécurité de mettre fin aux violations et de respecter les lois iraniennes. La directive interdit la torture et l'"emprisonnement inutile " et déclare que les arrestations et les enquêtes doivent être effectuées en s'appuyant sur des accusations claires en
regard du droit, dit RSF.
L'ordre fait suite à deux visites effectuées en Iran en 2003 par le
Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d'expression, Ambeyi Ligabo, et du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire.
Consulter les sites suivants :
- Dossier de Human Rights Watch : http://hrw.org/reports/2004/iran0604/- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=10230- Rapport du Rapporteur de l'ONU sur l'Iran : http://www.unhchr.ch/Huridocda/Huridoca.nsf/TestFrame/6fb00fe82ac6d10ac1256e4600575ec0?Opendocument

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