28 mai 2002

LES MÉDIAS REDOUTENT LE PROJET DE LOI SUR LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE


Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapporte qu’un projet de loi sur la protection de la vie privée actuellement à l’étude devant la Diète japonaise (Chambre des Représentants et Chambre des Conseillers) soulève une vive opposition de la part des médias établis, qui craignent que la nouvelle loi ne limite la liberté des journalistes d’obtenir des informations et de faire des enquêtes.

Selon l’Association des éditeurs et directeurs de journaux du Japon, qui représente 112 journaux, 38 sociétés de télévision et quatre agences de nouvelles, le projet de loi “ouvre la voie à l’ingérence du gouvernement dans la liberté d’expression”. Les quatre partis d’opposition, de même que plusieurs membres du Parti libéral démocrate au pouvoir, s’opposent aussi au projet de loi, que le gouvernement espère faire adopter avant la fin de la session de la Diète, le 19 juin.

D’après le CPJ, le projet de loi sur la protection des renseignements personnels exige des personnes qui collectent et traitent les “renseignements personnels” sur les particuliers qu’ils observent cinq règles. Ils doivent : expliquer le but visé par la collecte du renseignement; recueillir le renseignement de manière appropriée; vérifier l’exactitude du renseignement; prévenir la fuite du renseignement et donner à la personne intéressée l’accès aux renseignements obtenus la concernant.

Bien que le projet de loi exempte les entreprises de presse des pénalités en cas de non-conformité aux règles, le premier ministre Junichiro Koisumi a dit s’attendre à ce qu’elles s’y soumettent. La définition que donne le projet de loi de l’“entreprise de presse” exclut notamment les journalistes pigistes et les maisons d’édition, ce qui les expose à des pénalités. Et l’obligation de divulguer les motifs de la collecte des renseignements et de donner aux intéressés l’accès à ces renseignements pourrait dissuader les journalistes d’effectuer des enquêtes, dit le CPJ.

D’autres critiques du projet de loi affirment que le premier ministre, dont la cote de confiance, auparavant très élevée, est maintenant en chute libre en raison d’une avalanche de scandales au sein de son parti, se sert de ce projet de loi pour limiter les pouvoirs d’enquête des médias, indique l’agence Reuters. Sous les gouvernements précédents, les médias avaient joué un rôle essentiel en dévoilant des affaires de corruption et de gabegie.

Pour plus de renseignements, voir à www.cpj.org">http://www.cpj.org">www.cpj.orget http://story.news.yahoo.com.">http://story.news.yahoo.com/news?tmpl=story%26amp;u=/nm/20020509/wl_asia_nm/asia_104130_8">http://story.news.yahoo.com.



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