29 août 2000

BIENTÔT DES CHANGEMENTS POLITIQUES?


Des pressions économiques et la dissidence politique, tant de l’intérieur que de l’extérieur du pays, pourraient obliger à des réformes gouvernementales, déclare Bertil Lintner dans “Irrawaddy” (vol. 8, no 6, juin 2000). Il s’agit d’une publication du groupe de presse “Irrawaddy Publishing Group”, autrefois connu sous le nom de “Burma Publishing Group”. De plus en plus, des groupes à l’intérieur du Laos défient ouvertement l’autoritarisme du régime actuel. Le 26 octobre 1999, le gouvernement a réagi rapidement pour écraser une manifestation en faveur de la démocratie, organisée par des enseignants à Vientiane, la première du genre depuis vingt-cinq ans que le régime est au pouvoir, dit Lintner. Les manifestants exigeaient “une réforme politique, la libération de tous les prisonniers politiques et le retour au gouvernement de coalition de 1974, qui incluait des communistes aussi bien que des éléments neutres”, rapporte “Irrawaddy”. Les autorités ont fait suivre les manifestations de séminaires politiques, où les participants ont dû passer en revue la doctrine du parti communiste. En outre, les dirigeants des communautés locales ont rassemblé des jeunes gens pour leur déconseiller les messages et les idées des contre-révolutionnaires.

Ces protestations ne constituent pas la seule opposition à laquelle se heurte le régime depuis quelques années, ajoute “Irrawaddy”. La tribu des Hmongs, dit Lintner, qui s’est engagée dans la résistance active depuis que les communistes se sont emparés du pouvoir, affronte également les forces gouvernementales depuis quelques mois. Entre autres objectifs, les Hmongs veulent combattre “la corruption au sein du gouvernement, les programmes de réinstallation mal exécutés, la marginalisation ethnique et l’absence de structures démocratiques permettant l’expression de ces griefs”. Lintner fait remarquer que les Hmongs ne peuvent obtenir de succès que s’ils s’allient aux mouvements pro-démocratiques des basses terres. Bien que les différences ethniques et linguistiques du pays rendent une alliance de ce genre peu probable, Lintner attire l’attention sur les liens de plus en plus serrés qui se nouent entre les éléments exilés de ces mouvements. En février dernier, des centaines de militants pro-démocratie exilés, d’ethnie lao et hmong, se sont rencontrés à Washington et se sont ralliés autour de l’ex-chef hmong Vang Pao et du prince Soulivong Savang, petit-fils du roi déposé Savang Vatthana. Ils ont pressé le gouvernement des États-Unis d’entreprendre des discussions entre le gouvernement laotien et l’opposition, afin d’amorcer la transition vers la démocratie.

Le gouvernement laotien doit en outre subir les pressions des pays donateurs et des institutions d’aide comme la Banque mondiale pour l’amener à entreprendre des réformes politiques. “Les autorités de Vientiane sont peut-être capables de faire fi de ces mouvements chez les exilés, voire de la dissidence croissante au pays même, mais il leur sera de plus en plus difficile de ne pas tenir compte de la frustration des donateurs étrangers comme le Japon, la Suède et l’Australie qui, depuis des années, contribuent au développement du pays.” Pour obtenir un exemplaire du “Irrawaddy”, communiquer par courrier électronique à waddy@cm.ksc.co.th; waddy2@chmai.loxinfo.co.th.




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