26 juin 2001

SONT PRÉVUES POUR LES PERSONNES QUI TRANSMETTENT DE "FAUSSES INFORMATIONS"


Le gouvernement laotien s’apprête à définir les "vérités" que les médias devraient rapporter et à faire adopter de nouvelles pénalités pour les journalistes qui répandent de "fausses informations" sur le pays, rapportent l’Institut international de la presse (IIP) et l’Association mondiale des journaux (AMJ). Le 8 juin, en effet, le ministre de la Culture et de l’Information, Phandouangchit Vongsa, a déclaré à l’agence Reuters que son ministère modifiait les lois actuelles afin de "promouvoir des standards" pour les médias, rapporte l’IIP. "Nous devons, a dit Phandouangchit, relever le niveau de professionnalisme des médias du Laos... les reportages doivent se montrer attentifs à l’objectif à long terme du [Parti révolutionnaire du peuple lao], qui vise à sortir le pays de la pauvreté d’ici 2020." Le ministre a également déclaré que les nouvelles lignes directrices à l’intention des médias définiraient les "vérités" qui devraient être rapportées dans l’intérêt du pays.

L’IIP et l’AMJ rapportent que Phandouangchit a également déclaré qu’il resserrerait les pénalités infligées à ceux qui répandent de fausses informations sur le pays. À l’heure actuelle, le code pénal interdit de critiquer l’État, de déformer les politiques de l’État ou du parti et de répandre de fausses rumeurs. Les journalistes qui ne rédigent pas de "reportages constructifs" ou qui "font obstacle" au programme du Parti révolutionnaire du peuple lao sont passibles de peines allant de cinq à quinze ans de prison, rappellent l’IIP et l’AMJ.

L’IIP qualifie la décision de resserrer les dispositions déjà restrictives du code pénal de "tentative grossière pour empêcher que des reportages critiques sur le Laos puissent paraître dans les médias internationaux". L’organisation remarque que les journalistes Ginny Stein et David Leland de la chaîne ABC ont été arrêtés le 30 mars 2000 pendant qu’ils faisaient un reportage sur les répercussions de l’explosion d’une bombe qui a détruit un restaurant de la capitale. En septembre dernier, les autorités ont réagi avec colère à des reportages de l’Associated Press selon lesquels les forces de sécurité empêchaient la libre circulation des gens la nuit. Pour de plus amples renseignements, consulter www.freemedia.at.">http://www.freemedia.at">www.freemedia.at.



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