4 décembre 2004

LA LIBERTÉ DE LA PRESSE SOUS LA LOUPE DES CONGRESSISTES AU SOMMET DE L'ASEAN


Tandis que les chefs de gouvernements se rassemblent cette semaine à Vientiane, au Laos, à l'occasion du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN), l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) et Reporters sans frontières (RSF) attirent l'attention sur la situation de la liberté de la presse dans l'un des pays les plus restrictifs de la région.

Dans un dossier capsule rendu public par la SEAPA, le groupe membre de l'IFEX dit que le Parti communiste au pouvoir continue d'exercer une mainmise très serrée sur toute l'information au Laos. Tous les médias de masse, y compris la presse écrite et la radiodiffusion, appartiennent à l'État, et l'Internet est surveillé très étroitement.

Il n'y a pas d'agences de médias internationaux dans le pays. Les journalistes étrangers doivent attendre en général au moins un mois avant d'obtenir un visa pour entrer dans le pays, et ceux qui y parviennent doivent se déplacer avec des chaperons du gouvernement.

Par ailleurs, la censure est imposée aussi dans la presse locale à tous les niveaux, depuis les rédacteurs des journaux qui sont eux-mêmes membres du parti, jusqu'au ministre de l'Information et de la Culture (MIC), qui officiellement réglemente le contenu des médias et délivre les licences de publication.

Selon RSF, dans les mois qui ont précédé le sommet de l'ASEAN, des agents du gouvernement ont fouillé des milliers de domiciles pour confisquer les appareils radio à ondes courtes, qui permettent au Laotiens de recevoir des émissions de radio de l'étranger. Les agents du gouvernement ont en outre ordonné aux journalistes étrangers qui couvraient le sommet de ne pas photographier les installations publiques pendant leur séjour au Laos.

RSF fait remarquer que deux guides laotiens arrêtés en 2003 pour s'être portés à l'aide des journalistes français Thierry Falise et Vincent Reynaud sont toujours en prison. Thao Moua et Pa Phue Khang purgent des peines qui varient de 12 à 20 ans de prison pour avoir aidé Falise et Reynaud à parler du sort de l'ethnie des Hmong au Laos.

Selon un rapport d'Amnistie Internationale, de nombreux civils, surtout des enfants, ont péri par manque de nourriture ou sont morts des blessures subies pendant le conflit, qui dure toujours, entre les rebelles Hmong et le gouvernement laotien.

Pour plus de renseignements sur le Laos, lire :

- Alertes et rapports de RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=11960- Dossier capsule de la SEAPA : http://www.ifex.org/en/content/view/full/62820/- Comité pour la protection des journalistes : http://www.cpj.org/attacks03/asia03/laos.html- Rapport d'Amnistie sur l'ethnie Hmong au Laos : http://web.amnesty.org/library/Index/ENGASA260042004?open&of=ENG-LAO- La junte birmane fait un pied de nez à l'ASEAN : http://www.ipsnews.net/africa/interna.asp?idnews=26481

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