7 juillet 2006

LE NOUVEAU DIRIGEANT EST PRIÉ INSTAMMENT DE RELÂCHER LA CENSURE


Le Laos est connu comme l'un des pays les plus isolés et les plus assoiffés de nouvelles de l'Asie du sud-est. Dirigé depuis 1975 par le Parti Révolutionnaire du peuple (PPRL), ses médias sont étroitement contrôlés par les autorités. Tous les médias de masse appartiennent à l'État, et l'accès à l'Internet est fortement contrôlé et surveillé. Les règles pour obtenir un visa découragent les journalistes étrangers d'entrer au pays, et ceux qui le font doivent être escortés par des agents du gouvernement.

Selon l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), la presse locale a pour devoir premier, selon la prescription de la Constitution, d'être au service des politiques et de la direction du PPRL. La censure s'applique à tous les niveaux, des rédacteurs des journaux qui sont eux-mêmes membres du parti, jusqu'au ministère de l'Information et de la Culture, qui réglemente le contenu des médias et délivre les permis de publication.

La semaine dernière, à la suite de la désignation, en juin 2006, de Choummaly Sayasone comme nouveau président du pays, Reporters sans frontières (RSF) a fait parvenir à Sayasone une missive pour lui faire part de la préoccupation du groupe devant l'absence de liberté d'expression dans le pays. RSF attire l'attention sur des lois qui prévoient l'incarcération des journalistes pour « diffusion de nouvelles susceptibles d'affaiblir l'État » ou pour importation d'une « publication contraire à la culture nationale ». RSF prie Sayasone d'accorder aux journalistes étrangers un plus grand accès au pays et de permettre à des radiodiffuseurs comme Radio France Internationale et Radio Free Asia de diffuser des émissions en lao vers la capitale, Vientiane, et d'autres villes.

RSF fait remarquer qu'on a empêché à plusieurs occasions les journalistes étrangers de couvrir la situation des Hmong, un groupe ethnique qui résiste depuis 1975 au régime communiste. Deux citoyens laotiens ? Thao Moua et Pa Phue Khang ? demeurent incarcérés à Vientiane pour avoir aidé un reporter belge et un caméraman français qui enquêtaient sur la situation des Hmong, qu'ils qualifiaient de tragédie humanitaire. Les détenus ont été condamnés le 30 juin 2003 à 12 et 20 ans de prison, respectivement. RSF demande leur libération immédiate.

RSF prie également Sayasone d'accorder son pardon à Thongpaseuth Keuakoun, un écrivain et militant pro-démocratie, condamné à 20 ans de prison en 2002 pour « activités antigouvernementales ».

Consulter les sites suivants :
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=18109- SEAPA : http://www.seapabkk.org/newdesign/commentarydetail.php?No=284&keyword=laos- Amnistie Internationale : http://web.amnesty.org/report2006/lao-summary-eng- BBC : http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/country_profiles/1154621.stm

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