18 mars 2003

DES MÉDIAS SONT INTERDITS APRÈS L?ASSASSINAT DE DJINDJIC


Dans la foulée de l’assassinat du premier ministre de la Serbie, Zoran Djindjic, la semaine dernière, et de l’imposition de l’état d‘urgence, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a lancé un appel au gouvernement serbe pour qu’il préserve la libre circulation des informations, après que celui-ci eut imposé des restrictions aux médias.

En vertu de l’état d’urgence, il est interdit aux médias de répandre des informations qui n’émanent pas du gouvernement quant aux des raisons de cette imposition, dit le CPJ. L’ordre ne précise pas quelles pénalités seront imposées en cas de violation de l’interdit, qui sera en vigueur, disent les autorités, jusqu’à ce que les assassins soient arrêtés.

Puis, lors d’une rencontre le 12 mars avec les cadres supérieurs des médias de Belgrade, le vice-premier ministre Zarko Korac a demandé aux médias de « s’abstenir de rapporter les réactions des personnes qui seront arrêtées, de leurs avocats et des analystes qui pourraient compliquer les arrestations », ajoute l’Association des médias électroniques indépendants (ANEM). Korac a demandé aux éditeurs de ne rapporter que les déclarations officielles émanant d’organismes du gouvernement ou des partis politiques.

D’après le CPJ, les restrictions ne sont pas aussi étendues qu’elles en ont l’air et visent apparemment les médias et les journalistes qui ont des liens avec le clan mafieux Zemun, qui serait derrière l’assassinat de Djindjic.

Par ailleurs, le CPJ, Reporters sans frontières (RSF) et l’Institut international de la presse (IIP) font part de leur préoccupation en ce qui concerne la sécurité de deux journalistes qui ont reçu des menaces de mort parce qu’ils avaient couvert un scandale d’agressions sexuelles dans lequel serait impliqué un évêque orthodoxe serbe de Vranje.

Vukasin Obradovic, propriétaire et rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Novine Vranjske », et le reporter Goran Antic ont reçu le 3 mars une lettre anonyme menaçant de les tuer, eux, leur famille et le personnel de l’hebdomadaire.

En janvier, indique le CPJ, « Novine Vranjske » avait publié une série d’articles sur cinq garçons de Vranje qui portaient des accusations pénales contre l’évêque Pahomije, chef du diocèse orthodoxe serbe local. Les garçons accusent Pahomije d’agressions sexuelles commises sur plusieurs années. En réponse aux articles d’Obradovic et d’Antic, Pahomije a intenté des poursuites en diffamation.

Consulter les sites suivants :

- Rapport de 2002 de RSF : www.rsf.org">http://www.rsf.org/article.php3?id_article=1584%26amp;Valider=OK">www.rsf.org">http://www.rsf.org/article.php3?id_article=1584&Valider=OK">www.rsf.org">http://www.rsf.org/article.php3?id_article=1584%26amp;Valider=OK">www.rsf.org
- CPJ : www.cpj.org">http://www.cpj.org/news/2003/Serbia13mar03na.html">www.cpj.org">http://www.cpj.org/news/2003/Serbia13mar03na.html">www.cpj.org">http://www.cpj.org/news/2003/Serbia13mar03na.html">www.cpj.org
- Rapport du CPJ « Progress Denied » :
www.cpj.org/Briefings">http://www.cpj.org/Briefings/2002/Bosnia_Serbia_june02/BosniaSerbia_june02.html">www.cpj.org/Briefings">http://www.cpj.org/Briefings/2002/Bosnia_Serbia_june02/BosniaSerbia_june02.html">www.cpj.org/Briefings">http://www.cpj.org/Briefings/2002/Bosnia_Serbia_june02/BosniaSerbia_june02.html">www.cpj.org/Briefings
- Institut international de la presse : www.ifex.org/alerts">http://www.ifex.org/alerts/view.html?id=12063">www.ifex.org/alerts">http://www.ifex.org/alerts/view.html?id=12063">www.ifex.org/alerts">http://www.ifex.org/alerts/view.html?id=12063">www.ifex.org/alerts
- Rapport de Human Rights Watch sur la Serbie et le Monténégro : www.hrw.org">http://www.hrw.org/wr2k3/europe17.html">www.hrw.org



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