14 novembre 2003

« PLUS ÇA CHANGE... »


Trois ans après la chute de l'ancien dictateur Slobodan Milosevic et l'instauration de la démocratie, les fantômes du passé répressif de la Serbie et du Monténégro semblent toujours hanter les médias du pays, peut-on lire dans un nouveau rapport de l'Association des médias électroniques indépendants (ANEM).

Les autorités ont encore à répondre pleinement à la demande du public qui veut la révision des lois répressives du pays sur les médias adoptées sous la dictature Milosevic, dit l'ANEM.

Ces lois sont celles notamment qui pénalisent la diffamation et la dispersion de fausses informations, et qui entraînent de lourdes peines. La majeure partie des accusations portées en vertu de ces lois l'ont été contre des journalistes d'enquête qui ont couvert des affaires de corruption dans les milieux officiels, dit l'ANEM.

Par ailleurs, la nouvelle loi sur l'information publique, que le gouvernement a adoptée en mars dernier, pendant l'état d'urgence, est censée garantir la liberté de la presse et les droits des journalistes. Selon l'ANEM, cette nouvelle loi contient neuf nouvelles dispositions qui restreignent la distribution d'informations qui n'ont jamais été soumises au débat public.

Les autorités ont en outre retardé le dépôt d'un projet de loi sur l'accès à l'information, que l'ANEM juge essentielle pour assurer la liberté d'expression. L'actuel projet de loi (Projet de loi sur le libre accès à l'information d'importance publique) omet de protéger les « dénonciateurs » contre les poursuites pénales et empêche les citoyens de porter plainte si les autorités retiennent l'information.

ARTICLE 19 a réalisé une analyse juridique du projet de loi : http://www.article19.org/docimages/1670.doc
Lire le rapport complet de l'ANEM : http://www.anem.org.yu/eng/medijska_scena/preporuke.htm


Monténégro
 
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