16 janvier 2001

UNE NOUVELLE LOI MENACE LA LIBERTÉ DES JOURNALISTES


La Société interaméricaine de la presse (SIP) et le groupe Reporters sans frontières (RSF) signalent qu’une nouvelle loi créant un "Collège des journalistes" pose une menace à la liberté de la presse du Nicaragua. La loi, approuvée par l’Assemblée nationale le 13 décembre dernier, exige l’inscription de tous les journalistes auprès de ce "Collège". Elle dispose également que seuls les journalistes qui détiennent un diplôme universitaire ou qui comptent de nombreuses années d’expérience accréditée seront reconnus. Ceux qui pratiquent le journalisme sans répondre à ces critères pourront faire l’objet de sanctions pénales, tandis que leurs employeurs seront passibles d’amendes pouvant aller jusqu’à 25 000 cordobas (environ 2000 $ US), précise RSF.

La SIP demande au président du Nicaragua, Arnoldo Alemán, d’opposer son veto à cette loi. Elle affirme que la loi viole la Déclaration de Chapultepec, que le Nicaragua a ratifiée en 1994 et qui énonce que, pour les journalistes, l’appartenance à des guildes ou à des associations professionnelles doit être strictement volontaire. La SIP ajoute que la Cour interaméricaine des droits de l’homme avait jugé en 1985, dans une affaire mettant en cause le Costa Rica, que "l’obligation d’appartenir à une association ou d’être titulaire de certains diplômes pour exercer le métier de journaliste constitue une restriction illégitime à la liberté d’expression, telle qu’elle est énoncée à l’Article 13 de la Convention américaine relative aux droits de l’homme". Pour sa part, RSF déclare que la loi viole la Déclaration de principes sur la liberté d’expression dans les Amériques, adoptée récemment par la Commission interaméricaine des droits de l’homme (IACHR).



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