25 juillet 2002

Un journaliste "invité" à révéler ses sources


Détails de l'incident

Luis Felipe Palacios, Manuel Esquivel

threatened

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(RSF/IFEX) - RSF a exprimé sa préoccupation alors que Luis Felipe Palacios, du quotidien "La Prensa", a été interrogé par la police, le 18 juillet 2002, après avoir mis en cause un haut responsable de l'armée dans des affaires de corruption. "Chaque journaliste a droit au respect de la confidentialité sur l'origine de ses informations", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF, dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Arturo Harding Lacayo. Il a ajouté que "tout journaliste entendu à quelque titre que ce soit sur des informations recueillies dans l'exercice de son activité [avait] le droit de ne pas en révéler l'origine" et que "nul ne [pouvait] prendre de dispositions afin de l'y contraindre".


RSF s'est inquiétée de la légalité de la procédure intentée contre Palacios, et a demandé à Harding Lacayo de fournir des explications. Par ailleurs, l'organisation a protesté contre l'interdiction faite au photographe de "La Prensa", Manuel Esquivel, de prendre des photos pendant l'interrogatoire du journaliste.


Selon les informations recueillies par RSF, Palacios a été convoqué et interrogé comme témoin par la Direction des investigations criminelles (DIC), le 18 juillet, suite à la publication, le même jour, d'un article révélant l'implication supposée d'un haut responsable militaire dans des affaires de blanchiment d'argent et de trafic d'armes. Le journaliste a été invité à révéler ses sources. Le chef de la police, le commissaire Edwin Cordero, a justifié la convocation de Palacios en déclarant que, dans les affaires liées au narcotrafic, la police pouvait agir "d'office" ("de oficio"), c'est-à-dire sans attendre la mise en oeuvre d'une éventuelle instruction judiciaire. Esquivel, photographe de "La Prensa" qui accompagnait Palacios, a été contraint de détruire la pellicule des photos prises pendant l'interrogatoire du journaliste. Le sous-commissaire Denis Tinoco Zeledon avait menacé de le faire arrêter et poursuivre au motif qu'il n'avait pas demandé d'autorisation pour prendre des photos.




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Reporters sans frontières
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