10 novembre 2004

Une journaliste tuée par balles lors de manifestations postélectorales


Détails de l'incident

María José Bravo

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(RSF/IFEX) - RSF est indignée par la mort de María José Bravo, correpondante des quotidiens "La Prensa" et "Hoy" à Juigalpa, département du Chontales, à 140 kilomètres à l'est de Managua.

"Les circonstances exactes de la mort de María José Bravo restent encore à éclaircir. Nous demandons l'ouverture d'une enquête approfondie, notamment une autopsie et une expertise balistique, afin de déterminer l'origine des tirs", a déclaré RSF dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Julio Vega Pasquier.

Le 9 novembre 2004, Bravo, âgée de 26 ans, a été mortellement touchée à la poitrine alors qu'elle couvrait des affrontements qui ont eu lieu près du centre de décompte des votes de Juigalpa. Selon les sources, la journaliste aurait été atteinte par une à trois balles. Le motif des coups de feu est encore inconnu mais il semble que la journaliste ait été prise dans une rixe entre partisans du Parti libéral constitutionnaliste (PLC, droite) et de l'Alliance pour la république (APRE, droite). Selon une porte-parole de la police, une balle l'aurait atteinte au coeur, provoquant son décès lors du transfert à l'hôpital.

Trois supects ont été arrêtés par la police, dont l'auteur présumé des coups de feu, Eugenio Hernández, l'ex-maire PLC d'El Ayote.

Les manifestations de Juigalpa faisaient suite aux résultats controversés des élections municipales qui ont eu lieu le 7 novembre dernier. Le Front sandiniste de libération national (FSLN, gauche) a remporté la majorité des municipalités du pays pour la première fois depuis 14 ans.

Bravo est la deuxième professionnelle des médias tuée au Nicaragua depuis le début de l'année 2004. Le 10 février dernier, le journaliste de télévision Carlos Guadamuz a été tué par balles à bout portant devant les locaux de sa chaîne, Canal 23 de noticias de Nicaragua (CDNN) (consulter des alertes de l'IFEX des 12 et 11 février 2004). Son assassin a été condamné à 18 ans de prison ferme mais ses complices présumés ont été acquittés. Aucun journaliste n'avait été assassiné dans le pays depuis plusieurs années.



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Reporters sans frontières
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