8 juin 2005

Un journaliste menacé de mort par un ancien chef paramilitaire


Détails de l'incident

Heberto Jarquín Manzanares

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death threat

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(RSF/IFEX) - RSF est préoccupée par les menaces de mort adressées, le 22 mai 2005, à Heberto Jarquín Manzanares, correspondant du quotidien "La Prensa" dans la région de l'Atlantique Nord (est du pays), pour le compte d'Evaristo Rivas Sánchez, ancien commandant du Frente Unido Andrés Castro, une organisation paramilitaire aujourd'hui dissoute.

"Les menaces de mort à l'encontre d'un journaliste par émissaire interposé portent la marque des organisations mafieuses. Ce n'est pas la première fois que Heberto Jarquín Manzanares fait l'objet de telles menaces en raison de ses articles. Nous appelons les autorités nicaraguayennes à prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité du journaliste et pour appréhender ceux qui prétendent attenter à sa vie", a déclaré RSF.

Le 22 mai, Jarquín, qui effectuait un reportage dans la réserve naturelle de Bosawa (région autonome de l'Atlantique Nord, est du pays), a été approché par un émissaire de Rivas, ancien commandant du Frente Unido Andrés Castro, une organisation paramilitaire officiellement dissoute. "Faites très attention, cet homme [Rivas] n'est pas une personne sûre. Il s'est réuni avec des paysans et la conversation n'avait rien d'agréable pour votre avenir", a déclaré l'émissaire au journaliste, en lui assurant que sa tête était mise à prix, selon l'édition en ligne de "La Prensa".

Jarquín a tout de suite attribué ces menaces à un récent article dans lequel il dénonçait des appropriations abusives de terrains communaux par Rivas. "Cet ancien chef militaire a aussi des connexions avec la mafia du bois, qui sévit dans les réserves naturelles et à laquelle Jarquín a consacré plusieurs enquêtes", a confié à RSF Rolando Cruz, directeur général de l'agence Notifax et cofondateur du Syndicat nicaraguayen de presse. Jarquín a été déjà menacé deux fois par deux trafiquants de bois précieux surnommés "El Chino León" et "El Gallo", condamnés pénalement mais toujours en liberté.

Le journaliste a dit à sa rédaction craindre pour sa vie et celle de sa famille. Selon lui, Rivas est armé et peut facilement recruter des tueurs.



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Reporters sans frontières
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