5 juin 2001

UNE PEINE DE SEIZE MOIS DE PRISON INFLIGÉE À UN JOURNALISTE


La dernière des mesures de répression judiciaire infligées aux journalistes de Panama a vu Marcelino Rodríguez être condamné le 23 mai à seize mois de prison pour "diffamation", peine commuable en une amende de 1 000 $ US, indique Reporters sans frontières (RSF). Les procédures judiciaires contre Rodríguez, autrefois du journal "El Siglo", ont été entamées par Alma Montenegro de Fletcher, procureure de l’État. En août 1998, rappelle RSF, le journaliste avait affirmé, à tort, que la représentante de l’État était propriétaire d’une maison dans la zone du canal de Panamá anciennement sous contrôle américain. Le journaliste avait apporté un rectificatif, précisant que les autorités responsables de la zone avaient refusé de confirmer ou de nier l’information. Montenegro avait estimé que la publication de ce reportage "portait atteinte à son honneur".

Pour sa part, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapporte qu’une semaine plus tôt, le 16 mai, Miguel Antonia Bernal, chroniqueur à la radio panaméenne et professeur d’université, a subi un procès de nature pénale pour diffamation à la suite d’une plainte déposée en 1998 par le directeur de la Police nationale de l’époque, José Luis Sosa. Lors d’un reportage diffusé en février 1998 à la radio, Bernal avait accusé la police d’être responsable de la décapitation de quatre détenus par d’autres prisonniers. S’il est reconnu coupable, dit le CPJ, Berla est passible de 18 mois de prison. De plus, le 14 mars, les journalistes Rainer Tuñon, autrefois du journal "Crítica Libre", et Juan Díaz, du quotidien "Panamá América", ont tous deux été condamnés à dix-huit mois de prison, commuable en une amende de 400 dollars américains, rapporte RSF. Les deux journalistes avaient publié des déclarations du magistrat Manuel Sucari qui avait annoncé, en juin 1997, faire enquête sur une douzaine de personnes soupçonnées d’exercer la médecine avec de faux diplômes. RSF rapporte qu’un des médecins en question, dont le diplôme s’est avéré authentique, a porté plainte contre les deux journalistes pour "atteinte à l’honneur".

En décembre 2000, RSF avait demandé aux autorités de Panamá d’abroger la pratique des peines de prison pour délits de presse. Une soixantaine de journalistes sont poursuivis actuellement "outrage" ("desacato") ou "diffamation", note RSF, qui ajoute qu’un grand nombre des plaintes émanent du procureur général pays, José Antonio Sossa, qui est ainsi devenu la "bête noire" de la presse. Pour sa part, le CPJ estime qu’il est "odieux" pour les autorités panaméennes "d’abuser des lois sur la diffamation pour réprimer les voix critiques dans les médias", et note un consensus croissant à l’échelle internationale voulant que les responsables politiques ne puissent invoquer de lois pénales sur la diffamation pour échapper à l’œil attentif du public. Pour plus de renseignements, consulter www.rsf.fr">http://www.rsf.fr">www.rsf.fret www.cpj.org.">http://www.cpj.org">www.cpj.org.




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