10 juillet 2001

Un caricaturiste interdit de quitter le pays


Détails de l'incident

Julio Enrique Briceño

other

charged

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(RSF/IFEX) - Dans une lettre adressée à Mirtza Fansechi de Aguilera, présidente de la Cour suprême, RSF a protesté contre le placement sous contrôle judiciaire de Julio Enrique Briceño, caricaturiste du quotidien "La Prensa", et l'interdiction qui lui a été faite de quitter le territoire panaméen. Briceño est poursuivi pour "atteinte à l'honneur". Il risque deux ans de prison. L'organisation a demandé à la présidente de la Cour suprême de tout mettre en oeuvre pour que ces mesures soient annulées et les poursuites contre le caricaturiste abandonnées. "Il est scandaleux qu'une caricature puisse valoir des poursuites pénales à son auteur", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. Ce dernier s'est dit "choqué" par le motif des poursuites, "atteinte à l'honneur", "dont l'interprétation relève du subjectif et de l'arbitraire". Le rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression des Nations Unies, Abid Hussain, a affirmé dans un rapport publié en janvier 2000 que "l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion constitue une violation grave des droits de l'homme".


Selon les informations recueillies par RSF, Briceño, caricaturiste du quotidien "La Prensa", s'est vu notifier par un juge, le 4 juillet 2001, une interdiction de quitter le territoire à titre de mesure conservatoire. Il devra également se rendre tous les quinze jours au bureau du juge pour signer un registre. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel. Le caricaturiste est poursuivi pour "atteinte à l'honneur" par Ricardo Arias Calderon, ancien président du parti Démocrate chrétien, après la publication, en 2000, d'une caricature de l'homme politique dans le quotidien "La Prensa". D'après l'article 175 du Code pénal, Briceño risque jusqu'à deux ans de prison.


Dans un communiqué de presse publié en décembre 2000, RSF avait recommandé aux autorités panaméennes de tout mettre en oeuvre afin que les peines de prison pour délits de presse soient supprimées de la législation panaméenne. L'organisation avait rappelé que la disproportion entre la peine et le délit a, sur le journaliste, un effet inhibiteur qui porte atteinte à son droit d'informer et à celui de la société à être informée. Une quarantaine de journalistes sont actuellement poursuivis pour "diffamation" ou "outrage".




Source

Reporters sans frontières
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