7 juin 2002

Un caricaturiste poursuivi pour "atteinte à l'honneur"


Détails de l'incident

Victor Ramos

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(RSF/IFEX) - RSF a exprimé sa préoccupation alors que Víctor Ramos, caricaturiste du quotidien "La Prensa", poursuivi pour "atteinte à l'honneur", risque jusqu'à deux ans de prison. "Il est scandaleux qu'une caricature puisse valoir des poursuites pénales à son auteur", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. Ce dernier s'est dit "choqué" par le motif des poursuites, "atteinte à l'honneur", "dont l'interprétation relève du subjectif et de l'arbitraire". Il a rappelé que "la pénalisation des propos de journalistes constitue une atteinte à la liberté de circulation de l'information garantie par l'article 19 du Pacte international sur les droits civils et politiques, ratifié par le Panama". L'organisation a demandé, dans une lettre adressée à Adan Arnulfo Arjona, président de la Cour suprême de Justice, que les poursuites contre le caricaturiste soient abandonnées.


Selon les informations recueillies par RSF, Ramos est poursuivi pour "atteinte à l'honneur" par l'ancien Président de la République, Ernesto Pérez Balladares. Le caricaturiste doit comparaître devant le parquet le 7 juin 2002. D'après l'article 175 du code pénal, il risque jusqu'à deux ans de prison. La plainte de Balladares a fait suite à la publication, le 11 avril, d'une caricature du dessinateur, dénonçant la mauvaise gestion de l'ancien Président.


Un autre caricaturiste du quotidien, Julio Enrique Briceño, est poursuivi pour "atteinte à l'honneur" depuis 2001. Ricardo Arias Calderon, ancien président du Parti démocrate chrétien, avait porté plainte contre Briceño après la publication, en décembre 2000, d'une caricature dans "La Prensa" (consulter les alertes de l'IFEX du 5 novembre et 10 juillet 2001).


Dans un texte adopté en janvier 2000, le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression des Nations unies a clairement établi que "l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion constitue une violation grave des droits de l'homme." De même, l'article 11 de la Déclaration de principes sur la liberté d'expression adoptée par la Commission interaméricaine des droits de l'homme stipule que "les lois qui punissent les outrages infligés à un fonctionnaire portent atteinte à la liberté d'expression".




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