29 mai 2001

L?IIP S?INQUIÈTE DES PRESSIONS EXERCÉES SUR LES MÉDIAS


L’Institut international de la presse (IIP) se dit très inquiet de "ce qui ressemble à une tentative constante pour museler la voix critique de la presse indépendante en Corée du Sud". Un ministre du gouvernement coréen a cependant rejeté les propositions de l’IIP en vue de résoudre le conflit entre le gouvernement et les médias indépendants.

Dans une lettre adressée le 16 mai au président Kim Dae-jung, l’IIP fait part de sa grande inquiétude devant les pressions croissantes exercées sur la presse indépendante depuis que le président lance des appels en faveur d’une réforme des médias. L’IIP constate que les journaux indépendants et les politiciens d’opposition rejettent l’initiative réformiste du président, qu’ils décrivent comme une tentative pour faire taire les voix critiques, mais les sociétés publiques de radiodiffusion et les médias favorables au gouvernement, de même que certains groupes civiques dont la "Coalition populaire pour la réforme des médias", ont annoncé qu’ils appuyaient l’appel à la réforme. L’IIP soutient que l’industrie des journaux et les politiciens d’opposition craignent que la proposition de retour d’une réglementation controversée des journaux, abandonnée il y a deux ans, ne prépare le terrain en vue d’une intervention accrue du gouvernement dans les entreprises de médias indépendants. La lettre mentionnait aussi l’enquête fiscale "sans précédent" lancée le 8 février contre les médias. La majorité des enquêteurs affectés à la vérification fiscale ont été assignés aux "trois grands" quotidiens nationaux : "Chosun Ilbo", "Joong-Ang Ilbo" et "Dong-A Ilbo". L’enquête fiscale, qui devait à l’origine durer 60 jours ouvrables, a été prolongée de 40 jours le 4 mai, et s'intéresse surtout aux "trois grands". [Mise à jour du "Communiqué" 10-15 de l’IFEX.]

L’IIP suggère que, pour résoudre la controverse, le gouvernement devait organiser une rencontre entre des représentants du gouvernement et des membres des médias concernés, et s’est offert comme médiateur. L’organisation a aussi évoqué la possibilité d’ajouter la Corée du Sud à sa "liste de surveillance" si la question n’était pas réglée "d’une manière démocratique".

Le ministre et porte-parole du gouvernement Oh Hong-Keung a répondu à l’IIP le 17 mai, et a annoncé le rejet de ses propositions, qualifiant la lettre de l’IIP d’"ingérence grossière dans les affaires internes de la République de Corée". Le ministre a aussi exigé des excuses et la promesse que l’IIP s’abstiendrait de telles actions à l’avenir. L’IIP a répondu le 29 mai aux questions du ministre; il a réaffirmé sa position et souligné son droit – et même son obligation – de prendre publiquement position lorsqu’il estime que la liberté d’expression et la liberté de la presse sont en danger. La lettre du ministre a rappelé à l’IIP certaines questions discutées lors d’une conférence intitulée "De meilleures communications entre les médias et les institutions publiques", organisée conjointement par l’IIP et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Lors de cette conférence, des porte-parole des gouvernements de 19 pays ont exprimé leur volonté de surmonter l’hypersensibilité aux critiques des médias, d’adoucir le ton de leurs annonces publiques et d’éviter la méfiance profonde voulant que les médias ont toujours des intentions cachées.

Le texte intégral de la correspondance et d’autres documents connexes sont affichés sur le site www.freemedia.at.




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