25 janvier 2012

Un ancien ministre est condamné à la prison à vie pour un T-shirt séditieux


Le T-shirt qui a valu à l’ancien ministre gambien de l’Information Amadou Scatred Janneh une peine d’emprisonnement à vie
Le T-shirt qui a valu à l’ancien ministre gambien de l’Information Amadou Scatred Janneh une peine d’emprisonnement à vie

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Un ancien ministre gambien de l’Information a été condamné à la prison à vie pour avoir conspiré en vue de renverser le Président au moyen de T-shirts exigeant la fin de la dictature, rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l’Ouest (Media Foundation for West Africa, MFWA) et ARTICLE 19.

Au terme d’un procès qui a duré sept mois, Amadou Scatred Janneh - qui possède également la citoyenneté américaine - a été trouvé coupable de trahison et d’avoir distribué des T-shirts séditieux.

Sur les T-shirts on pouvait lire les mots suivants : « Coalition pour le changement - Gambie, Mettez fin maintenant à la dictature ».

Trois membres de la coalition ont été condamnés à trois ans de travaux forcés, tandis que trois autres membres, qui se trouvent actuellement à l’extérieur du pays, pourraient faire l’objet de poursuites s’ils rentraient, indique ARTICLE 19.

« Imprimer des T-shirts avec des slogans politiques constitue une forme d’expression élémentaire. Il est absurde d’en faire un délit criminel, encore plus de la punir par une peine de prison », dit ARTICLE 19.

« Cette décision atteste de la détérioration du climat de censure qui sévit dans le pays et de la nécessité urgente d’abolir les lois très dures du pays sur les médias », poursuit ARTICLE 19.

Le Président Yahya Jammeh - réélu pour la quatrième fois en novembre à la faveur d’un scrutin largement critiqué et boycotté par les observateurs ouest-africains - est accusé d’opprimer ses critiques. Deux jours après le prononcé de la sentence, dans un discours retransmis par la télévision nationale, celui-ci a promis de s’en prendre encore plus à ses adversaires politiques et aux journalistes, rapporte ARTICLE 19.

En vertu du Code criminel de la Gambie, le fait de publier et de distribuer du matériel qui incite à la haine, au mépris ou à la désaffection à l’égard du président ou du gouvernement constitue un délit criminel. Un nombre croissant de pays africains ont aboli ce type de délit, indique ARTICLE 19.

Replacer dans leur contexte les questions de libre expression.

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