3 mars 2004

RSF demande la libération de deux journalistes de Radio Free Europe


Détails de l'incident

Rakhim Esenov, Ashyrguly Bayryev

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(RSF/IFEX) - Rakhim Esenov et Ashyrguly Bayryev, écrivains et journalistes pour Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE), ont été arrêtés par des agents du ministère de la Sécurité nationale (NSM) à Achkhabad, respectivement le 26 février et le 1er mars 2004. Il est à craindre que les journalistes soient torturés ou victimes de mauvais traitements pendant leur incarcération.

Dans un courrier adressé au président Separmourad Nyazov, RSF a exprimé son indignation face à ces arrestations et a exigé la libération immédiate des deux journalistes. L'organisation, qui s'est déclarée très inquiète pour l'état de santé de Esenov, a indiqué qu'elle tiendrait les autorités pour responsables s'il devait lui arriver malheur pendant sa détention.

Agé de 78 ans, il souffre de problèmes cardiaques et a été victime d'une attaque après avoir subi un interrogatoire le 23 février. Alors même qu'il était hospitalisé en soins intensifs, il a été transféré à la prison du NSM à Achkhabad, le 26 février. Les autorités l'ont tout d'abord accusé de "contrebande" pour avoir introduit dans le pays des exemplaires de son roman historique sur le XVIe siècle, publié en Russie. Le président Nyazov a empêché la parution de cet ouvrage pendant dix ans, estimant qu'il comportait des "erreurs historiques" dont il a réclamé en vain la correction. Par la suite, Esenov a été accusé d'"incitation à la haine sociale, ethnique et religieuse", crime passible de quatre ans d'emprisonnement en vertu de l'article 177 du code pénal. Son gendre, Igor Kaprielov, a également été arrêté.

Bayryev, âgé de 50 ans, a subi un interrogatoire le 1er mars avant d'être incarcéré à la prison du NSM. Le motif officiel de son arrestation n'est pas connu.

Naz Nazar, responsable du service turkmène de RFE, est convaincue que les journalistes ont été arrêtés à cause de leur collaboration avec la station, connue pour son engagement en faveur des valeurs démocratiques. Elle affirme que son service est victime d'un véritable harcèlement de la part des autorités. En 2003, un autre correspondant de RFE, Saparmurat Ovezberdiev, avait été arrêté en toute illégalité à deux reprises par des représentants des forces de l'ordre qui l'avaient frappé, menacé et drogué (consulter l'alerte de l'IFEX du 26 novembre 2003).

Le Turkménistan, placé en 158e position sur 166 dans le classement mondial 2003 de la liberté de la presse de RSF, est l'un des pays les plus répressifs au monde pour les journalistes.



Source

Reporters sans frontières
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