28 septembre 2006

TOLLÉ INTERNATIONAL APRÈS LA MORT D'UNE JOURNALISTE


Les membres de l'IFEX expriment leur indignation à la suite du décès d'une journaliste et militante des droits de la personne dans une prison du Turkménistan et demandent la tenue d'une enquête indépendante sur les circonstances entourant cette tragédie. Les autorités turkmènes ont révélé le 14 septembre 2006 qu'Ogoulsapar Mouradova, reporter à Radio Free Europe/Radio Liberty et militante associée à la Fondation Helsinki du Turkménistan, est morte en détention.

Les circonstances suspectes entourant le décès de Mouradova ont suscité des appels inquiets de Human Rights Watch, de l'Institut international de la presse, de l'Association mondiale des journaux, de Reporters sans frontières, du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et de la Fédération internationale des journalistes.

La Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'homme a pressé également les autorités turkmènes de tenir une enquête « approfondie, prompte et indépendante sur les causes de la mort de Mme Mouradova, y compris un examen médical indépendant de sa dépouille, et d'en rendre les conclusions publiques ».

Selon Human Rights Watch, le fils de Mouradova a été convoqué par les autorités pour recueillir le corps de sa mère. Il a remarqué que celle-ci portait des marques de blessure à la tête. Les autorités ont rejeté la demande d'autopsie exprimée par la famille et n'ont divulgué ni la cause ni la date du décès.

Selon le CPJ, les forces de sécurité ont encerclé le domicile de Mouradova et ont empêché les gens de voir le corps ou de communiquer avec les proches de Mouradova, dont les lignes téléphoniques ont été coupées. On rapporte aussi que les autorités ont intensifié la surveillance et l'intimidation de la famille Mouradova.

Mouradova, qui était âgée de 58 ans, était détenue au secret depuis le 18 juin. Privée d'accès à un défenseur, elle a été reconnue coupable de possession d'armes illégales et condamnée le 25 août à six ans de prison, au terme d'un procès à huis clos de quelques minutes, précise Human Rights Watch.

Deux autres militants des droits de la personne affiliés à la Fondation Helskini du Turkménistan - Amandurdy Amanklychev et Sapardurdy Khajiev - ont aussi été condamnés en même temps que Mouradova pour possession d'armes illégales. Chacun d'eux s'est vu infliger une peine de sept ans de prison. Depuis la mort de Mouradova, on craint plus encore que ces deux personnes ne risquent la torture et de mauvais traitements.

Le Turkménistan est l'un des pays les plus répressifs et les plus fermés du monde, disent Human Rights Watch et Freedom House. Le gouvernement ne tolère aucune dissidence, aucun média ni liberté politique, et a incarcéré ou poussé à l'exil les opposants politiques, les défenseurs des droits de la personne et les journalistes indépendants. Le gouvernement contrôle toute la radiodiffusion radiophonique et télévisuelle ainsi que la presse écrite.

Les reportages sur les opinions politiques dissidentes sont interdits, y compris les formes atténuées de critiques du président Saparmourat Niazov. Les abonnements aux journaux et magazines étrangers sont interdits, et les journalistes étrangers n'ont que peu d'occasions de se rendre au Turkménistan.

Consulter les sites suivants :

- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=18972- Human Rights Watch : http://www.hrw.org/english/docs/2006/09/15/turkme14201.htm- CPJ : http://www.cpj.org/news/2006/europe/turkmen14sept06na.html- AMJ : http://www.wan-press.org/article11911.html- Freedom House : http://www.freedomhouse.org/uploads/WoW/2006/Turkmenistan2006.pdf- IIP : http://www.freemedia.at/- RFE/RL : http://www.rferl.org/

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