20 juillet 2005

Un journaliste kirghize arrêté par les garde-frontières ouzbeks ; un journaliste indépendant contraint à l'exil


Détails de l'incident

Erkin Yakubjanov, Tulkin Karaev

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(RSF/IFEX) - Erkin Yakubjanov, étudiant kirghize en quatrième année de journalisme à Osh (sud-ouest du Kirghizistan), a été arrêté le 18 juillet 2005 par les douaniers ouzbeks, alors qu'il enquêtait pour le réseau de radios Dolina Mira sur la répression du soulèvement d'Andijan, le 13 mai dernier. Par ailleurs, le journaliste indépendant Tulkin Karaev a été contraint à l'exil le 2 juillet, à la suite d'un harcèlement méthodique de la part des autorités.

"Nous dénonçons l'obstination et la détermination des autorités qui poursuivent leur politique de harcèlement à l'encontre des journalistes indépendants et cherchent à faire taire toute voix dissidente dans le pays. Les journalistes qui osent traiter des événements tragiques d'Andijan s'exposent à une véritable "chasse aux sorcières". Le refus du président Islam Karimov d'accueillir une mission d'enquête internationale sur la fusillade sanglante du 13 mai, proposée par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, montre à l'évidence la volonté de Tachkent d'étouffer cette affaire. Nous demandons à Zokirjon Alamatov, ministre de l'Intérieur, de libérer immédiatement Erkin Yakubjanov et de cesser les poursuites judiciaires engagées contre Tulkin Karaev", a déclaré RSF.

Yakubjanov a voulu interviewer des gardes-frontières ouzbeks à Doustlik. Ceux-ci l'ont arrêté, invoquant son absence d'accréditation sur le territoire ouzbek. Ils ont également déclaré qu'ils soupçonnaient le jeune reporter kirghiz de travailler pour le service ouzbek de Radio Ozodlik/Radio Free Europe.

Il réalisait en réalité un reportage pour le réseau de radios Dolina Mira, dans le cadre d'un projet mené par l'organisation danoise de soutien aux médias International Media Support (IMS), consacré à la récente tragédie d'Andijan et à ses conséquences dans la région.

Par ailleurs, Karaev, journaliste indépendant et collaborateur de l'Institute for War and Peace Reporting (IWPR), a été contraint à l'exil le 2 juillet, à la suite d'un harcèlement qui a commencé au lendemain des événements d'Andijan.

A la suite de la fusillade sanglante du 13 mai, l'appartement de Karaev, situé à Karshi (sud du pays), a été mis sous surveillance permanente par la police. Arrêté dans sa ville le 4 juin, Karaev a été détenu pendant dix jours, sans autre forme de procès.

Son passeport lui a ensuite été confisqué par les autorités et il a été assigné à résidence à Karshi. Les forces de l'ordre ont consenti à lui rendre son passeport le 23 juin , à la suite des demandes formulées par plusieurs organisations internationales auprès des autorités, dont RSF.

Le 12 juillet, la femme de Karaev, restée à Karshi, a été contactée par une personne qui lui dit avoir refusé une importante somme d'argent de la part du procureur de la région de Kashkadarya (sud de l'Ouzbékistan), pour provoquer une altercation avec Karaev, présenté comme "un extrêmiste islamiste". Cette personne a refusé car elle connaissait personnellement le journaliste.

Ce stratagème aurait permis aux autorités d'inculper Karaev de hooliganisme et de l'incarcérer de nouveau.

Karaev a travaillé pour le service ouzbek de Radio Free Europe entre 1998 et 2000. Il collaborait dernièrement au service ouzbek de Radio Iran et pour IWPR, dont le site internet http://www.uznews.net)a été contraint à la fermeture par les autorités, à la suite des événements d'Andijan.



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Reporters sans frontières
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