21 août 2001

LE GOUVERNEMENT MET LA PRESSE AU PAS À LA VEILLE DES ÉLECTIONS


Selon l’Institut des médias d’Afrique australe (MISA), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et l’Institut international de la presse (IIP), une récente série de violations de la liberté de la presse donne à penser que le gouvernement zambien a entrepris de mettre au pas les médias indépendants en prévision des élections cet automne. Parmi les incidents rapportés, retenons l’arrestation du rédacteur en chef du seul journal indépendant du pays et la fermeture d’une station de radio privée.

Le MISA, RSF et l’IIP rapportent que Fred M’membe, rédacteur en chef de journal "The Post", a été arrêté le 17 août et accusé de diffamation pénale contre le président Chiluba. Les accusations font suite à un éditorial intitulé "Un voleur comme président", publié le matin même. Selon RSF, M’membe aurait écrit que Chiluba "avait détourné des sommes d’argent de leurs fins légitimes pour son usage personnel". L’IIP rapporte que M’membe a été détenu pendant huit heures avant qu’un magistrat ne statue que l’arrestation et les accusations étaient illégales. RSF rapporte toutefois que le bureau du président a émis le lendemain une déclaration confirmant l’intention du chef de l’État de "prendre les mesures judiciaires appropriées". Pour sa part, la British Broadcasting Corporation (BBC) rapportait le 20 août que M’membe, le reporter du "Post" Bivan Salueski et deux politiciens d’opposition se seraient réfugiés dans la clandestinité après que des mandats d’arrestation eurent été émis contre eux en rapport avec leurs allégations de corruption présidentielle. Les quatre journalistes se sont présentés à la police de Lusaka, la capitale, le 21 août, rapporte la BBC.

Entre-temps, le 19 août, le gouvernement procédait à la fermeture de la station de radio privée "Radio Phoenix" sous prétexte qu’elle n’avait pas renouvelé à temps ses permis de radiodiffusion, rapportent le MISA et l’IIP. Les critiques du gouvernement sont d’avis que celui-ci utilise ce prétexte pour museler la station indépendante. Avant d’être fermée, signale l’IIP, "Radio Phoenix" a été la cible ces dernières années de nombreux incidents de harcèlement de la part des autorités. L’organisation craint que la décision de suspendre la station de radio "ne s’inscrive dans une campagne plus étendue pour faire taire les médias indépendants, avant les élections qui doivent avoir lieu vers la fin de l’année".

Dans une lettre du 14 août au président de la Zambie, le CPJ documente certaines agressions commises récemment contre des journalistes zambiens, agressions qui "semblent constituer des représailles à la couverture critique du président Chiluba et des autres hauts dignitaires du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD)". Le CPJ constate également que le gouvernement a resserré son emprise sur les médias financés par l’État. L’opération semble avoir commencé par la nomination, le 9 mai, de Vernon Mwaanga au poste de ministre de l’Information et de la radiodiffusion. Trois semaines plus tard, Mwaanga a dissous les conseils d’administration des journaux "Zambia Daily Mail" et "The Times of Zambia", de la Zambia National Broadcasting Corporation (la société nationale de radiodiffusion du pays, ZNBC), et de la société d’imprimerie Zambia Printing Company, toutes des entreprises financées par l’État. Les journalistes zambiens ont déclaré au CPJ que le parti pris gouvernemental dans les médias publics ne fait que se renforcer à l’approche des élections. Pour ce qui est des médias privés, le CPJ fait remarquer qu’à la fin juin Mwaanga aurait déclaré à la presse que "dorénavant, il ne tolérerait plus d’inepties de la part des médias privés".

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